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Roger Federer le 29 janvier 2018.
© Michael Dodge/Getty Images

L’œil du court

A l'Open d'Australie, une victoire «federesque»

En mal de superlatifs, le consultant tennis du «Temps» veut lancer un néologisme. Pour ne pas être à court au moment du 21, 22 ou 23e titre de Roger Federer

Ma première réaction, en voyant Roger Federer remporter l’Open d’Australie, a été d’être content pour lui. Ma seconde réaction a été de me dire: mais pourquoi pas 21, 22 ou 23 titres du Grand Chelem? Rafael Nadal va revenir mais, pour Novak Djokovic, Stan Wawrinka et plus encore Andy Murray, le retour au plus haut niveau risque de prendre du temps. Cela laisse le champ libre à Federer, que la jeune génération ne parvient pas à bousculer.

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Il faut dire que ce n’est pas facile. Quand vous êtes face à lui, vous avez tout le public contre vous et vous sentez bien que même les organisateurs du tournoi souhaitent le voir aller le plus loin possible. Je ne sais pas si les juges de ligne de la finale voulaient inconsciemment la victoire de Federer, toujours est-il qu’ils n’ont pas été très bons, souvent au détriment de Marin Cilic.

Ascendant psychologique très net

Le Croate a fait une bonne finale, et il méritait bien ça après celle tronquée contre «Rog'» à Wimbledon, l’an dernier. Malgré les cinq sets, je n’ai jamais vraiment été inquiet. Chez les joueurs comme Cilic, comme par hasard, lorsqu’ils sont en mesure de gagner, ils perdent le relâchement qui les faisait aligner les points lorsque le match semblait perdu. Face à eux, Roger Federer a un ascendant psychologique très net.

Comme l’an dernier, sa saison était déjà réussie. Il a remporté un Grand Chelem, il pourrait s’arrêter. Je ne sais pas s’il va rééditer son double Indian Wells-Miami, parce que c’est très difficile à réussir, mais il va se relâcher. Il n’est plus très loin de la première place mondiale et, si Nadal se plante à Acapulco, il pourrait bien ajouter la place de N° 1 à son tableau.

Longévité imprévisible

Je ne suis pas sûr qu’il veuille aller la chercher. Cela va dépendre de ses sensations après la tournée américaine. L’an dernier, il a allégé son programme et cela lui a magnifiquement réussi. Il peut peut-être l’alléger encore un peu plus pour se préparer encore mieux pour les Grands Chelems.

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Je le connais depuis vingt ans et je le voyais aller très haut, mais pas à 20 Grands Chelems… Il était impossible de prévoir une longévité pareille. Le mec a 36 ans et vient de remporter trois Grands Chelems en 12 mois. Il a été un tout petit peu moins flamboyant que l’an dernier, mais il avait encore de la marge sur la concurrence.

Ses 20 titres ne sont presque pas son record le plus impressionnant. Il est allé 30 fois en finale de Grand Chelem. Vous vous rendez compte? En fait, je crois qu’il faut avoir été joueur pour vraiment comprendre ce que cela signifie. Il est aussi allé 43 fois en demi-finale et 56 fois en quart de finale. J’ai fait les calculs: cela représente quatorze saisons consécutives durant lesquelles il est allé au moins en quart de finale à chaque Grand Chelem.

Hallucinant et cool

Moi je n’ai plus de mots, plus de superlatifs, et je trouve que l’on devrait en inventer un nouveau. Je propose: «federesque», pour décrire tout ce qui est monstrueux, hallucinant, hors norme et en même temps très humain. Roger a en plus toujours le petit mot sympa, le côté cool, l’amour du public.

A part ça, j’ai suivi la finale dames et pas mal de parties du tableau féminin. Il s’y est passé beaucoup de belles choses, avec souvent Simona Halep. Autant j’ai été heureux pour Federer, autant je suis triste pour Simona Halep, qui a fait un parcours incroyable et qui a même fini à l’hôpital pour déshydratation le soir de sa finale. Wozniacki, c’est aussi une belle histoire. Au moins le tennis féminin a-t-il maintenant comme numéro 1 une fille qui a remporté un tournoi du Grand Chelem. Cela fait quand même moins désordre.

Lire aussi: Roger Federer veut «disparaître un moment»

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