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Au tennis, toute faiblesse vous expose d’autant plus cruellement que l’adversaire n’hésitera pas à appuyer là où ça fait mal.
© MARTIAL TREZZINI/Keystone

Tennis

A l’Open de Genève, Stan Wawrinka se gâte 

Après un bon début de match, le Vaudois s’est effondré face au Hongrois Marton Fucsovics (6-4 6-0)

Son fait de gloire restait jusqu’ici un huitième de finale face à Roger Federer au dernier Open d’Australie. Marton Fucsovics peut désormais y ajouter un succès sur Stan Wawrinka et, au moins, une demi-finale au Geneva Open. Le Hongrois fêta cependant ce highlight d’une curieuse manière. S’il leva bien les bras après la balle de match, son geste avait plus valeur d’excuse que de célébration. Il venait de mettre un 6-0 à Stan Wawrinka et paraissait sinon gêné d’avoir frustré le public, du moins désolé pour son adversaire.

Après sa victoire en nocturne la veille sur l’Américain Jared Donaldson (6-3 6-4), Stan Wawrinka n’a pas confirmé. Le soleil était cette fois de la partie mais c’est le jeu du Suisse qui s’est gâté. «Je m'y attendais, confia-t-il, très calme, après le match. Je suis dans une phase où la difficulté pour moi est d'enchaîner. Ce genre de rechute fait partie des turbulences que je dois traverser pour revenir à mon meilleur niveau. Aujourd'hui, j'avais de mauvaises sensations, j'ai lutté pour essayer de trouver une solution mais tout ce que je faisais me paraissait mou, vide, comme si je n'avais qu'une seule vitesse.»

Le dernier joueur à avoir collé une «roue de vélo» à Wawrinka est Novak Djokovic, le 12 novembre 2014 aux Masters de Londres. Autre temps, autre contexte. Aujourd’hui, Wawrinka (comme Djokovic d’ailleurs) cherche à se reconstruire après son opération du genou gauche. Depuis son retour, qui a coïncidé avec le début de la saison 2018, il n’a disputé que six tournois. Il s’est incliné trois fois dès le premier tour et n’a fêté deux victoires de rang qu’à Sofia au début du mois de février.

Le football peut se permettre d’envoyer à la Coupe du monde des joueurs en méforme ou relevant de blessure. Dans un sport collectif, une défaillance peut être masquée par le groupe et il est ainsi possible de se remettre gentiment à niveau au fil des matches. Au tennis, toute faiblesse vous expose au contraire, et d’autant plus cruellement que l’adversaire n’hésitera pas à appuyer là où ça fait mal. Il faut être bon tout de suite ce qui, sans jouer, revient à résoudre la quadrature du grand tamis.

Wawrinka entra pourtant dans la partie de la meilleure des façons. Un premier jeu de service sérieux, un aller-retour de fond du court ponctué d’un lob coup droit plein de maîtrise pour montrer à son adversaire qu’il avait à la fois l’œil, la main et les jambes, et le Vaudois menait rapidement 2-0, service à suivre. C’est à ce moment-là que les choses commencèrent à aller de travers.

Nombreuses fautes directes

Encore fragile, Wawrinka se mit à commettre beaucoup de fautes directes. Il donna ainsi quatre fois une balle de break à son adversaire et la quatrième finit par être la bonne. Grand, bon serveur, gros frappeur (il remporta Wimbledon chez les juniors en 2010), Fucsovics revenait immédiatement dans la partie (2-2).

Ce n’était pas le Stan que l’on connaissait. Inconstant en coup droit, peinant à trouver une bonne longueur de balle, il laissait son adversaire prendre lentement mais sûrement l’ascendant. Le Hongrois s’enhardissait sur les balles un peu trop courtes du Vaudois, répondait du tac au tac dans les longs échanges et attendait que vienne la faute. Il réussit un nouveau break à 4-4 et empocha la première manche derrière en montant au filet à contretemps (6-4).

Rien n’était encore joué mais sur la lancée, Fucsovics ravit à nouveau le service de Wawrinka d’entrée de deuxième manche. Le match se joua sur le jeu suivant, qui dura plus de quinze minutes. Les deux joueurs eurent tour à tour des balles de break. Sur l’ensemble du match, Marton Fucsovics en convertit 5 sur 10, contre 1 seule sur 8 pour Wawrinka. Aucune donc dans ce jeu crucial qu’il finit par abandonner à son adversaire. 

Méthode Coué

Comme on pouvait s’y attendre, le Vaudois, dépité et sans doute fatigué, lâcha rapidement prise. A 3-0 30-15, un spectateur lui lança: «Allez, un peu de fierté!» L’indélicat fut vivement rabroué par le reste du public. Un autre tenta la méthode Coué: «Vas-y Stan, c’est bon!», mais personne n’y croyait vraiment. Plus peinés que fâchés, déçus tout de même mais surtout surpris, les spectateurs accompagnèrent Wawrinka jusqu’au terme de son pensum, conclut en 1h11 (6-4 6-0).

Les demi-finales opposeront donc vendredi Marton Fucsovics à Steve Johnson, et Fabio Fognini à Peter Gojowczyk. Stan Wawrinka, lui, peut dès à présent prendre la route de Paris pour préparer Roland-Garros. Il se présentera porte d’Auteuil sans beaucoup plus de certitude que la semaine précédente.

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