«Bien sûr, je suis candidat. Je fais campagne depuis 2000. Et aujourd’hui, je me sens un candidat favori parce que je suis le seul qui pendant toutes ces années a combattu ouvertement Ben Ali», a-t-il déclaré. Taoufik Ben Brik avait annoncé sa candidature jeudi au magazine en ligne Slate.fr, déclarant qu’il serait «le premier président de la Tunisie indépendante et révolutionnaire». Il est le deuxième candidat déclaré à la prochaine présidentielle tunisienne après l’opposant historique Moncef Marzouki, qui vivait depuis de nombreuses années en exil en France.

Taoufik Ben Brik, 50 ans, est connu pour ses écrits dénonçant la dictature de Ben Ali. Censuré, régulièrement harcelé par la police du régime, il a été emprisonné six mois fin 2009-début 2010 en Tunisie pour des faits de violences sur une femme, à l’issue d’un procès qualifié de «machination politique» par les défenseurs des droits de l’homme.

Manifestation à Tunis

Par ailleurs, 500 personnes ont à nouveau défilé vendredi dans les rues de Tunis, demandant la démission du gouvernement en raison de la présence en son sein de caciques du régime du président déchu Ben Ali. Ils se dirigeaient dans la matinée vers le ministère de l’Intérieur, prévoyant un sit-in «jusqu’à la dissolution du gouvernement».

«Vous avez volé la richesse du pays mais vous n’allez pas voler la révolution! Démission du gouvernement! Nous serons toujours fidèles au sang des martyrs», ont scandé les manifestants dans l’avenue Habib Bourguiba, dans le centre de la capitale. Certains agitaient un drapeau de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), la puissante centrale syndicale qui a joué un rôle important au cours de la Révolution du jasmin en la canalisant et en lui donnant un tour politique.

Le bâtiment du ministère était protégé par l’armée, très populaire dans le pays, et par des unités de la police anti-émeutes qui empêchaient également l’accès au siège du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti au pouvoir de Ben Ali, situé à quelque 400 mètres du ministère de l’Intérieur.

Le nouvel exécutif de transition a été formé lundi après la chute de Zine El Abidine Ben Ali, contraint vendredi dernier à l’exil en Arabie Saoudite par un mois de révolte populaire au cours de laquelle au moins 100 personnes ont été tuées, selon l’ONU.