La justice suisse transmettra à son homologue italienne les noms des cyclistes ayant subi des contrôles sanguins au départ d'étapes du Giro 99, malgré l'opposition de l'Union cycliste internationale (UCI), a-t-on appris mercredi à Lausanne de source judiciaire. Le Tribunal fédéral vient de statuer en ce sens.

L'UCI, dont le siège est à Lausanne, avait refusé que les noms de ces coureurs soient transmis au parquet de Brescia (nord de l'Italie). Celui-ci les réclamait dans le cadre d'une enquête sur un trafic de médicaments utilisés comme produits dopants, organisé par un médecin qui les destinait à des cyclistes professionnels. Le procureur de Brescia avait déposé une demande d'entraide judiciaire auprès de la Suisse pour que lui soient transmis les noms de quinze coureurs cyclistes ayant subi des contrôles sanguins, les 4 et 5 juin 1999, avant le départ d'étapes du Tour d'Italie. Les éprouvettes correspondantes, placées sous séquestre par les autorités sanitaires italiennes, avaient été étiquetées avec des numéros de codes correspondant à des noms connus seulement de l'UCI. Saisi de la demande d'entraide judiciaire italienne, un juge d'instruction du canton de Vaud avait décidé de lui donner une suite favorable et avait obtenu de l'UCI les documents demandés.

Mais l'UCI s'était opposée à leur transmission au parquet italien, invoquant le secret médical, et avait saisi le Tribunal fédéral qui vient de lui donner tort. Dans un arrêt daté du 3 juillet 2000, le tribunal a estimé justifiée la décision du juge cantonal de transmettre des informations nécessaires à l'enquête italienne. Cette décision du Tribunal fédéral a été communiquée aux parties le 22 août. Le juge d'instruction cantonal devrait donc prochainement répondre à la demande d'entraide judiciaire italienne, les voies de recours de l'UCI étant épuisées. Le responsable du service juridique de l'UCI, habilité à s'exprimer sur cette affaire, n'était pas joignable mercredi.

LT