Le Borussia Dortmund (BVB) a limogé son entraîneur, le Vaudois Lucien Favre, au lendemain de sa sévère défaite face à Stuttgart (1-5), a annoncé le club de la Ruhr dimanche. «Lucien Favre n’est plus l’entraîneur de Dortmund», a indiqué le club allemand dans un tweet, confirmant une information du quotidien Bild parue quelques heures plus tôt.

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Le club ajoute qu’Edin Terzic, 38 ans, actuel assistant, entraînera le BVB «jusqu’à la fin de la saison». «Nous sommes tous reconnaissants à Lucien Favre pour son excellent travail au cours de ces deux ans et demi», durant lesquels il a entraîné le club, a souligné le dirigeant du BVB, Hans-Joachim Watzke.

Les critiques de Hummels

Reconnaissants, mais pas satisfaits. Malgré de bons résultats d’ensemble (deux deuxièmes places en Bundesliga, une victoire en Super Coupe d’Allemagne, trois qualifications pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions) et la mise en valeur de jeunes talents (Abdou Diallo, Jadon Sancho, Christian Pulisic, Erling Braut Haaland, Giovanni Reyna, Jude Bellingham), Lucien Favre a échoué à faire franchir un palier en tant qu’équipe au Borussia Dortmund, toujours dans l’incapacité à gagner des titres et ainsi constamment dans l’ombre du Bayern Munich.

Avec la montée en puissance du RB Leipzig, même cette position de «premier des viennent-ensuite» est menacée. Relégué à la cinquième place du classement, le club a jugé urgent de réagir. Le directeur sportif, Michael Zorc, a souligné que les objectifs de la saison étaient «fortement menacés». Peut-être a-t-il été conforté dans son opinion par la déclaration de Mats Hummels samedi. «Nous essayons toujours de jouer petit à petit dans des espaces étroits et nous avons un énorme taux de perte de balle, a déploré le défenseur champion du monde en 2014, au micro de Sky Germany. Si ça marche, ça ressemble à du beau football. Mais c’est rarement le cas. Cela demande trop d’habileté.»

«Nous aurions réussi»

Il est rare qu’un joueur-cadre critique ouvertement la tactique de l’entraîneur. Il est encore plus rare qu’il le fasse sans avoir la volonté de faire passer un message, en l’occurrence un désaveu. De son côté, Lucien Favre estimait toujours contrôler la situation et son vestiaire. D’ordinaire fataliste, le Vaudois a rapidement donné son sentiment dimanche. «Je pense que c’est dommage que nous nous séparions ici. Nous avons passé deux années très réussies et nous avons une équipe qui aurait joué une saison réussie cette année aussi. J’en suis toujours convaincu», a-t-il déclaré à l’agence de presse allemande dpa-AFX.

Depuis son arrivée dans la Ruhr, Lucien Favre avait dû lutter contre les fantômes de Jürgen Klopp et Thomas Tuchel, derniers entraîneurs à avoir remporté des titres avec le Borussia. Les manières du Suisse, méticuleux, précis, prudent, cadraient mal avec l’idée que le club et ses supporters se font désormais d’un entraîneur à succès: un meneur d’hommes audacieux et charismatique. Les qualités de formateur de «Lulu» ont contrebalancé cette comparaison défavorable mais la situation avait commencé à se dégrader en avril 2019 lorsque, à la lutte avec le Bayern pour le titre, Dortmund encaissa un cinglant 5-0 dans le match au sommet. Plusieurs observateurs commencèrent alors à penser, et à dire, qu’il n’était pas l’homme qui ferait à nouveau gagner un titre au BvB.

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A 63 ans, Lucien Favre était l’un des entraîneurs en poste le plus âgés dans les grands clubs européens (avec Marcelo Bielsa, 65 ans). La question qui se pose désormais pour lui est de savoir s’il va continuer à entraîner. Très courtisé, notamment en France, le Vaudois avait récemment déclaré vouloir rentrer en Suisse mais ne pas être intéressé par l’équipe nationale.


Neuchâtel Xamax se sépare de Stéphane Henchoz

Le limogeage de Stéphane Henchoz surprendra moins que celui de Lucien Favre. L’entraîneur de Neuchâtel Xamax a subi vendredi à Winterthour (4-0) une septième défaite consécutive. Xamax, qui espérait remonter immédiatement en Super League, un an après sa relégation, doit désormais songer à ne pas tomber plus bas. Avant-dernier de Challenge League, le club a nommé Martin Rueda pour une mission de sauvetage de trois matchs, jusqu’au 23 décembre.

Visiblement ennuyé par cette décision «aussi radicale que douloureuse», le président de Neuchâtel Xamax, Jean-François Collet, a tenu à remercier Stéphane Henchoz qui «s’est toujours démené pour son club formateur» et qui «pour ses débuts d’entraîneur en 2019, avait obtenu un maintien inespéré en Raiffeisen Super League». Chose rare, le communiqué lui trouve des circonstances atténuantes: pandémie, effectif incomplet à la reprise. (L. Fe)