Depuis sept ou huit ans, j’ai la chance de pouvoir passer chaque été une semaine avec l’équipe du Borussia Dortmund durant son stage de pré-saison à Bad Ragaz. A force, j’ai fini par jouer avec le staff lors du match traditionnel contre les journalistes, où il est interdit de perdre et où l’entraîneur principal ne participe jamais (car ce serait s’exposer inutilement). J’ai ainsi pu successivement observer Jürgen Klopp, Thomas Tuchel et, l’été passé, Lucien Favre.

Klopp est un personnage. Il est très grand, on ne voit que ses dents, on n’entend que lui, il prend toute la place, tout le temps, avec ses joueurs comme avec des inconnus. Il dégage une énergie incroyable et communicative. Par contre, il s’occupe assez peu des entraînements, confiés à ses adjoints. Lui lance de temps à autre une braillée, mais il est très attentif aux joueurs, notamment aux nouveaux. Avec Thomas Tuchel, l’ambiance était très différente. Il est plus distant, plus scientifique, plus tactique, beaucoup plus impliqué sur le terrain. C’était encore autre chose avec Lucien Favre: une ambiance de travail respectueuse et agréable, à la fois studieuse et détendue.