Le Tour de France connaît sa première affaire de dopage. Bien que contrôlé négativement au terme du parcours, le vainqueur de la 11e étape à Saint-Etienne, le Belge Ludo Dierckxsens, quitte la Grande Boucle. Il a reconnu avoir pris en juin un produit interdit, le Synactène, un corticoïde anti-inflammatoire destiné à tempérer une douleur au genou éprouvée en juin au Tour d'Allemagne. C'est à l'heure de faire pipi dans l'éprouvette le 15 juillet que le champion belge en titre a avoué au médecin chargé du contrôle antidopage avoir utilisé ce produit. S'il n'avait rien dit, donc rien notifié sur la feuille de contrôle, il ne se serait rien passé, compte tenu du fait qu'un corticoïde a un effet limité à quelques jours. Mais la peur du bâton a amené le cycliste à cette confidence.

Pour l'Union cycliste internationale (UCI), la règle est limpide. Même sans flagrant délit, un aveu est assimilable à un cas de dopage. C'est ce qui s'est passé pour une partie de l'équipe Festina en 1998. L'article 131 de son règlement est clair: «Le coureur qui déclare avoir utilisé des substances dopantes sans que cet usage ait été établi par un contrôle antidopage, sera considéré comme étant positif le jour de sa déclaration ou de son aveu.» Il y aura donc sanction, et possible retrait de la victoire à Saint-Etienne.

Pour l'équipe Lampre-Daikin et son directeur Pietro Algeri, déjà éclaboussés en juin, à l'occasion du Tour de Suisse, par une affaire liée au dopage – un photographe avait récupéré un sac poubelle contenant des produits interdits jetés par un membre de l'équipe –, c'est la stupeur. Ce corticoïde, infiltré par un médecin belge, n'avait pas été porté à la connaissance du médecin de l'équipe. Les dirigeants de la Lampre ont jugé qu'il y avait légèreté et faute de la part du coureur. D'où un renvoi du cycliste à la maison, hier à 13 heures.

Jean-Marie Leblanc, directeur du Tour, laisse à l'UCI et à la Fédération belge la responsabilité de retirer à Ludo Dierckxsens la victoire acquise à Saint-Etienne devant Dimitri Konyshev. Par contre, il approuve la fermeté des dirigeants de la Lampre: «Si son équipe ne l'avait pas retiré de la course, nous aurions certainement dû l'en exclure. Dès lors qu'il avait formulé des aveux, moralement, il n'était plus souhaitable de l'avoir dans le Tour de France.» Toujours la même volonté d'un Tour propre en ordre…