Nuremberg, 15 juin 2006. Des supporters anglais doivent tolérer l'intolérable à leurs yeux: alors qu'ils pénètrent dans le stade du Mondial 2006 où leurs favoris battront Trinidad et Tobago, des officiels découpent de nombreuses bannières frappées de la croix de Saint-George sous prétexte qu'un sponsor non officiel y figure. Motif de la peine: marketing parasitaire.

«Une relation contractuelle»

Dimanche 18 mai 2008. La NZZ am Sonntag écrit que, à l'image de la FIFA, l'UEFA ne plaisante pas avec les marques déposées. Déterminée à protéger les sponsors qui ont acquis de haute lutte - financière - l'exclusivité des droits de partenariat, la société filiale Euro 2008 SA rappelle, par la voix de sa porte-parole Pascale Vögeli, que tout détenteur d'un ticket de match a noué «une relation contractuelle» avec l'instance faîtière du football européen. Durant le tournoi, les huit stades font office d'espaces privés sur le plan juridique. Les organisateurs en disposent donc à leur gré, selon leurs propres règles.

A priori, on n'embêtera pas un quidam isolé, même si sa casquette est litigieuse. Mais Pascale Vögeli explique que «des groupes de vingt ou trente personnes arborant des accessoires avec le logo de marques qui ne sont pas sponsors officiels pourraient se voir confisquer lesdits objets».

Maillots troués et drapeaux découpés?

On voit toutefois mal les milliers de supporters helvétiques qui revêtiront un maillot de la Nati (équipée par Puma) devoir y faire un trou avant d'investir le Parc Saint-Jacques de Bâle, parce que la concurrence (Adidas) parraine le tournoi. Et les fameux drapeaux rouges à croix blanche, distribués depuis des années par Credit Suisse et les autres partenaires de la sélection helvétique, seront-ils amputés d'un bout en raison du contrat passé entre UBS et l'Euro 2008?

Au risque de s'attirer l'antipathie des foules, l'UEFA a même prévu de dépêcher des «contrôleurs» dans les «fanzones» officielles et les lieux de retransmissions publiques. Afin d'éviter que les marques qui n'ont rien déboursé ne mettent sur pied des opérations laissant supposer qu'elles sont directement rattachées à l'événement. Les Anglais, non qualifiés, n'auront pas de souci.