Jeux olympiques

L’Université de Californie a gagné plus de médailles que le Brésil

Si l’Université de Californie était un pays, elle serait douzième au classement par nations. Berkeley a déjà conquis quatorze médailles à Rio. Les universités américaines dépensent beaucoup pour former des athlètes de classe mondiale

Si l’université de Californie était une nation, elle pointerait au 12e rang du classement olympique. Avec 7 médailles d’or, 3 d’argent et 4 de bronze, elle se classerait derrière la Corée du Sud et devant des nations comme le Brésil, le Canada et bien entendu la Suisse.

Si elle effectue un décompte par sportif (ce qui comptabilise plusieurs fois une médaille quand elle est acquise par exemple en relais ou par équipe), l’université sise à Berkeley, en face de San Francisco, affiche un total de 20 breloques, dont 12 d’or, 4 d’argent et 4 de bronze. Elle est talonnée de près par sa voisine, Stanford, sise à 45 minutes de voiture, qui a remporté 19 médailles olympiques.

Deux institutions qui fabriquent des prix Nobels à la chaîne et se situent dans le top 5 des meilleures universités du monde façonnent donc aussi nombre des champions. Dans toutes sortes de disciplines.

Parmi les 41 Bears, comme sont appelés les athlètes de l’Université de Californie, alignés à Rio, on trouve 18 nageurs, 6 rameurs, 5 joueurs de water-polo, mais aussi un golfeur, un rugbyman, 4 décathloniens, deux footballeuses, une volleyeuse, deux gymnastes et une pongiste. Et bien sûre, l’institution s’aligne aussi au plus haut niveau dans les compétitions universitaires en football américain, en basket ou en baseball.

Un stade grand comme deux fois La Praille

Le secret? Les campus disposent d’abord d’installations sportives de pointe. Berkeley compte plusieurs stades dont le plus grand a une capacité de 62 000 personnes (soit le double du stade de la Praille), 4 piscines, 30 courts de tennis, une arène couverte pour toutes les disciplines d’intérieur comme le volley-ball, le basket ou la gymnastique, des salles d’entraînement ouvertes 24 heures sur 24, un terrain de golf, etc.

Parti s’entraîner à l’Université d’Auburn, en Alabama, le nageur français Frédérick Bousquet y avait découvert la pointe de la technologie comme des caméras sous-marines installées dans les piscines pour permettre aux nageurs de décortiquer leurs mouvements. Car les Américains ne sont pas les seuls à bénéficier des centres d’entraînement universitaires. A Berkeley par exemple, 16 athlètes sur 41 seulement représentent les Etats-Unis aux Jeux olympiques. Les établissements recrutent des athlètes du monde entier pour asseoir leur réputation. Et leur offrent des bourses qui leurs permettent d’étudier et de s’entraîner gratuitement dans les écoles les mieux cotés.

Les Campus emploient également d’excellents entraîneurs. Bob Bowman, l’ancien coach de Michael Phelps a supervisé durant trois ans les nageurs de l’Université du Michigan. Quant à l’entraîneur de natation de l’Université de Californie, Teri McKeever, elle était à la tête de la délégation américaine féminine aux Jeux de Londres.

Un budget de 90 millions de dollars

Evidemment, tout cela a un prix. Et il augmente, les universités dépensant de plus en plus pour s’illustrer dans les stades. Entre 2004 et 2013, le budget sportif de l’Université de Californie est passé de 45,1 millions de dollars à 89,6 millions. Une grande partie est financée par les droits télévisés, les ventes de billets, le sponsoring et des donations. La marque de maillots de bain Arena est par exemple partenaire des équipes de natation de Berkeley et Auburn.

Tout est fait pour faciliter la vie des athlètes. Les stades ou les piscines se trouvent à proximité des salles de classe et des résidences étudiantes. Et l’emploi du temps des sportifs est aménagé pour leur permettre de concilier les études et de lourdes charges d’entraînement. Car le volume de travail exigé par les entraîneurs américains est très lourd et les universités refusent de diplômer des illettrés. L’expérience américaine est rarement vécue comme des vacances par les sportifs étrangers.

Mais ce que les athlètes apprécient le plus, c’est l’émulation et la concurrence que l’on trouve dans les universités américaines. C’est ce qui a poussé les frères Jonathan et Kevin Borlee à quitter leur Belgique natale pour rejoindre l’équipe d’athlétisme de l’Université de Floride. «Ce n’est pas facile de trouver des groupes d’athlètes avec lesquels s’entraîner en Europe», avait confié Jonathan Borlee à la rts. Aux Jeux olympiques de Rio, 16 étudiants de l’Université de Floride sont engagés dans les épreuves d’athlétisme, dont les jumeaux belges. Et comme tous les étudiants, ils sont soutenus par tout un Campus. C’est aussi ça, le sport Made in America.

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