Carlos Alcaraz, venu à bout de Frances Tiafoe, et Casper Ruud, vainqueur sans trembler de Karen Khachanov, cette nuit, ont pris rendez-vous en finale de l’US Open, où ils se disputeront dimanche soir à New York un premier titre du Grand Chelem et la place de numéro un mondial.

Ce sera une première à ce stade à Flushing Meadows pour l’Espagnol, quatrième mondial, et le Norvégien septième, assurés par la même occasion de faire un bond aux première et deuxième places à l’ATP lundi, sans qu’on sache encore dans quel ordre. A affiche et contexte inédits, scénario passionnant.

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Pour s’offrir à 19 ans une première opportunité de sacre majeur, le phénomène Alcaraz a dû se battre pendant 4 h 19 pour vaincre 6-7 (6/8) 6-3 6-1 6-7 (5/7) 6-3 un Frances Tiafoe qui était euphorique depuis sa victoire sur Rafael Nadal en huitième.

En ajoutant les 5 h 15 qui lui ont été nécessaires pour vaincre Jannik Sinner au terme d’un combat déjà épique, cela fait plus de neuf heures et demie passées sur le court Arthur Ashe en un peu moins de deux jours pour l’Espagnol, dont la vitesse folle et l’abnégation sans faille n’ont jamais baissé malgré l’accumulation des efforts et les doutes qui auraient pu poindre.

Car Alcaraz a manqué une balle de match à 5-4 au quatrième set, et l’a payé cher, Tiafoe empochant dans la foulée le tie-break, exercice auquel il excelle au point d’avoir remporté les huit qu’il a disputés durant cette quinzaine, battant le record de Pete Sampras à Flushing Meadows (7).

«Tout donner»

Mais le prodige de Murcie est vite passé à autre chose. Resserrant l’étau encore plus fort d’entrée de cinquième manche, il n’a pas laissé à son adversaire la possibilité de croire qu’il finirait par l’emporter après avoir été miraculé.

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En larmes, Tiafoe a d’ailleurs reconnu la supériorité d’Alcaraz après une longue étreinte.

«J’ai tout donné, mais Carlos était trop fort. Cette défaite fait vraiment mal. Je reviendrai et gagnerai ce tournoi un jour», a-t-il dit sous les yeux de l’ex-Première dame Michelle Obama et de l’acteur Samuel L. Jackson, parmi un parterre de stars qui n’avaient plus garni les tribunes du Arthur Ashe depuis l’élimination - synonyme de départ à la retraite - de Serena Williams.

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«Quand on joue en demie d’un Majeur, on se doit de tout donner, de se battre jusqu’à la dernière balle, peu importe si ça dure cinq, six heures…», a commenté Alcaraz, déjà tourné vers son rendez-vous peut-être mémorable qui l’attend, puisqu’un sacre fera de lui le plus jeune numéro un mondial de l’histoire.

«Ruud a déjà joué une finale à Roland-Garros, moi ce sera ma première dans un Majeur. Je vais tout laisser sur le court, mais il faudra que je maîtrise mes nerfs vu le contexte», a-t-il dit.

«Un tennis fabuleux»

Le Norvégien de 23 ans, qui s’était en effet incliné face à Rafael Nadal sur la terre battue parisienne, a un peu plus tranquillement franchi l’obstacle Khachanov (31e) 7-6 (7/5), 6-2, 5-7, 6-2.

«J'ai encore fait un très bon match. Nous étions très nerveux tous les deux au début, mais c’est normal, c’était pour lui comme pour moi le match le plus important de notre carrière. Roland-Garros aurait pu être mon unique finale (d’un Majeur), mais me revoilà à ce stade et j’en suis très heureux», s’est-il réjoui.

Après un échange d’amabilités, consistant à des breaks réussis par l’un, aussitôt effacés par l’autre, le premier set s’est résolu au jeu décisif, que Ruud s’est adjugé au bout d’un rallye de 55 coups échangés.

Il n’a pas eu à autant s’employer dans la manche suivante, remportant 30 des 41 points disputés et tous ses jeux de services blancs. «J’ai joué un tennis fabuleux», à ce moment-là, a-t-il convenu.

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Après un sursaut de Khachanov au troisième set, Ruud lui a ravi le service deux fois d’affilée pour s’échapper 4-1 dans le quatrième, puis a conclu l’affaire en un peu plus de trois heures.

Spécialiste de la terre battue, sur laquelle il a remporté huit de ses neuf titres sur le circuit, dont deux fois les tournois de Genève et Gstaad, Ruud passe un gros cap sur ciment cette saison.

En avril, il avait été jusqu’en finale au Masters 1000 de Miami, où Alcaraz l’avait stoppé. Aisance confirmée au Masters 1000 de Montréal début août où il atteint le dernier carré. Le voilà à New York aux portes de la plus grande performance de sa carrière.