US Open

A l'US Open, Rafael Nadal dévoile sa nouvelle arme secrète

L’Espagnol a légèrement modifié sa position au service. Un petit pas de côté pour un gain tactique indéniable. Les confidences de son coach

A ce niveau-là d’exigence et de performance, chaque détail compte. Les joueurs et leur coach sont en quête permanente de moyens, aussi subtils soient-il, pour tendre vers du mieux. Certains changements, invisibles à l’œil nu du spectateur lambda, sont minimes mais au combien importants.

Longtemps, Rafael Nadal, terrien émérite ayant réussi à faire aussi de Wimbledon son jardin, peinait à briller sur le «Decoturf» de l’US open. Mais en 2010, il a bluffé tout le monde pour aller cueillir sa première couronne à Flushing Meadows. Il a suffi d’une prise de raquette légèrement différente pour donner davantage de puissance à ses mises en jeu et faire des miracles. «En 2010, il a voulu essayé d’avoir la même prise qu’à Wimbledon sur gazon. Et ça a marché», explique Toni Nadal.

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Un simple détail, qui pourrait tout changer

Cette année, le Majorquin, de retour d’une blessure au poignet mais boosté par sa campagne olympique, cache un nouveau coup dans son sac. Un simple détail. Mais une arme efficace.

L'oncle Toni Nadal, qui est donc le coach, coach a accepté, samedi matin avant leur entraînement du jour, de révéler au «Temps» le dernier changement en date dans le jeu de son illustre neveu. «Nous n’avons rien changé », commence-t-il en riant. Avant de poursuivre : «En fait, il a modifié sa position sur le court. Quand il sert de gauche à droite [le côté où se joue la majorité des points clés, NDLR], il se tient plus loin du centre du court. Ça lui permet de mettre plus de slice et d’angle à son service et d’ouvrir le court.» Traduisez : de servir plus à l’extérieur de manière à sortir les adversaires droitiers sur leur revers et d’avoir ensuite plus de latitude derrière pour placer une attaque de coup droit.

Le tonton-coach minimise, mais personne n'est dupe

Toni Nadal, qui – c’est de bonne guerre – tente de minimiser ce changement, feint de ne plus se souvenir précisément de sa genèse. «Je crois que ça remonte à Buenos Aires [en février dernier]. Nous n’étions pas satisfaits avec son service. Et c’est José Luis Clerc [un ancien joueur argentin] qui a suggéré à Rafael de faire ça. Alors, nous avons essayé et comme ça avait l’air de fonctionner, nous avons continué. Nous cherchons toujours des détails à améliorer pour progresser. On essaie des choses, parfois ça marche et parfois ça ne marche pas.»

Rafael Nadal a commencé à mettre en place cette tactique au mois d’avril. Mais coupé dans son élan à Roland Garros et privé ensuite de Wimbledon, il n’a pas eu vraiment l’occasion de l’éprouver. Sans conteste, à New York, ça fait son petit effet. Vendredi soir, lors de son troisième tour face au Russe Kuznetsov, cette nouvelle arme de destruction précise a été efficace. Même si ça n’a pas empêché Rafael Nadal de ne pas toujours très bien servir dans un deuxième set où il a perdu sa mise en jeu à deux reprises après avoir fait le break. «Ca n’a rien à voir avec sa position. Parfois, il manque de fluidité quand il sert. C’est un autre problème», précise encore Toni Nadal.

Une victoire à l'US Open?

Dans la perspective d’une possible victoire à l’US open, les Nadal se doivent de voir plus loin que le prochain tour. Même s’ils prennent «match après match» et sont les premiers à ne jamais vendre la peau de l’adversaire avant de l’avoir dépecé. En tête, ils ont forcément les possibles futurs clashs avec les meilleurs adversaires. Et on ne peut s’empêcher de penser que cette nouvelle «tactique» au service vise aussi à tenter de contrer les dévastateurs retours de revers croisés bloqués que lui infligent Novak Djokovic et Andy Murray...


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