COMPÉTITION

A l’US Open, Stan Wawrinka attend Juan Martin Del Potro

Le Vaudois, vainqueur en quatre sets de l’Ukrainien Illya Marchenko, disputera mercredi son quatrième quart de finales consécutif à l’US open. Un duel annoncé entre le plus beau revers et le meilleur coup droit

En abordant son huitième de finales face à l’Ukrainien Illya Marchenko, catapulté à ce stade de la compétition sans vraiment l’avoir demandé (victoire au 3e tour sur abandon de Kyrgios), Stan Wawrinka savait son destin entre ses seules mains. Ses hésitations et ses approximations au tour précédent lui avaient coûté trop cher pour prendre le risque de les rééditer.

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Même décor, ce bon vieux stade Louis Armstrong, aux foules toujours enthousiastes mais pas franchement le même adversaire. A part le classement (un rang d’écart à l’ATP), tout sépare Illy Marchenko de Daniel Evans. L’Ukrainien (ATP 63) a la main plus lourde. Plus facile de s’appuyer sur ses frappes, souvent à plat, et son jeu est bien plus prévisible. Décidé à ne pas s’éterniser, le Vaudois déroule. Jusqu’au quatrième set où il sert pour le match avant de laisser filer bêtement la manche au tie-break. La frustration pointe le bout de son nez. Se prolonge au début du quatrième avec la perte de son service. Sa raquette s’en souviendra. «Besoin d’évacuer», confessera-t-il. Ça marche. Derrière, il recolle au score et prend le large. A 5-3 40-0, d’un geste des deux mains, il invite les spectateurs à faire monter la sauce. La troisième est balle de match sera la bonne.

Pour la quatrième fois en quart de finales

Pour la quatrième année consécutive, Stan Wawrinka est en quart de finales de l’US open. Les pinailleurs peuvent tergiverser sur la manière. Il n’en a que faire. L’essentiel est là. Il est en quart avec un gros challenge en perspective face à Juan Martin Del Potro. Tout ce qu’il aime: «Je suis très satisfait. Pour moi, en Grand Chelem, tout ce qui compte dans les premiers tours, c’est de gagner des matches et avancer. Mon niveau de jeu est là. Je peux jouer beaucoup mieux qu’aujourd’hui (lundi) mais aujourd’hui, il y a du vent et sur ce court-là, plus rapide, ce n’est quasiment pas le même tournoi que sur le central (le Arthur Ashe). J’ai fait ce qu’il faut pour gagner. J’élèverai mon niveau quand il faudra.»

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Juan Del Potro est prévenu. Même s’il fait l’effet d’un épouvantail, l’Argentin, tombeur de Nadal aux Jeux de Rio, a ensuite fait vaciller Murray pour finalement cueillir l’argent. Invité par l’US open vu ses résultats des derniers mois, le colosse au poignet d’argile impressionne et ne semble pas loin d’avoir retrouvé son tennis de 2009, lorsqu’il s’était offert le titre à Flushing Meadows en battant Roger Federer en finale. Son classement actuel (ATP 142) ne reflète clairement pas son niveau. Son histoire, un come-back aussi fulgurant qu’inespéré après trois opérations au poignet, émeut les foules à New York.

«Plus vieux» que le Vaudois

Comme toujours, le pieux Albiceleste remercie le ciel. «Je ne m’attendais pas à disputer un quart de finales à mon deuxième Grand Chelem après mon retour à la compétition. Mon niveau de jeu s’améliore chaque jour. Je suis très reconnaissant de faire partie des huit derniers joueurs encore en lice dans ce tournoi, insiste-t-il. Je n’étais pas loin de prendre ma retraite avant ma 3e opération. Et maintenant je suis ici, je joue librement, même si parfois je sens un petit peu mon poignet, mais c’est supportable.» Bien que les souvenirs de 2009 forcément l’effleurent, il rejette toute comparaison possible. «Ma vie, mon niveau, mon jeu, tout est différent. Et, je suis plus vieux. Tout est comme nouveau pour moi. C’est une nouvelle carrière qui débute.»

Au cours de cette nouvelle vie sur le circuit, il a déjà battu Stan Wawrinka. Au deuxième tour à Wimbledon. «Mais c’était sur une surface différente. Mon slice n’est pas aussi efficace ici. Il faudra que je frappe encore mieux en coup droit qu’aujourd’hui (lundi contre Dominic Thiem). Ce sera intéressant de jouer Stan. Nous sommes tous les deux puissants. Ça dépend de moi, de mon service, de mon coup droit. Il part favori mais si je sens bien la balle, j’aurai une petite chance de gagner.»

Un combat qui s’annonce titanesque

Derrière les politesses, la réalité d’un combat titanesque. Wawrinka versus «Delpo», ce sera le duel entre le meilleur revers et le meilleur coup droit du circuit. «Il a un des meilleurs coups doit, c’est clair, confie le numéro 3 mondial. Il est toujours dans le bon timing et donne le sentiment d’avoir le temps qu’il veut pour le frapper. A Wimbledon, il avait très bien joué, très bien servi. J’avais du mal à retourner et son slice m’avait aussi pas mal gêné. Ce qu’il y a de compliqué avec son jeu, et j’ai pu le constater encore lors de son match contre Ferrer, c’est qu’on a l’impression qu’au bout d’un moment, il endort l’adversaire. C’est ce qui m’était arrivé à Wimbledon. J’avais commencé à me dire «mince, qu’est-ce que tu fais» et à être hésitant. Du coup, tu perds un peu ta ligne de jeu que tu as au début du match et qui marche bien.»

«Il y a des choses à prendre»

Wawrinka va essayer de ne pas se laisser déstabiliser en se «focalisant» sur son propre jeu. «Ma lourdeur de balle peut peut-être l’empêcher de produire le jeu qu’il veut. Il y a des choses à prendre.»

La bataille devrait logiquement avoir lieu sous les projecteurs. Wawrinka pourra enfin sortir sa tenue de soirée et se présenter tout de noir vêtu. Mais au-delà de ces considérations vestimentaires, cela ne devrait pas changer grand-chose. «A part le fait que je pourrai enfin de nouveau jouer sur le central», sourit-il. Un terrain qu’il juge plus lent que le Louis Armstrong. Autre court, autre tournoi, autre histoire.


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