En ce dimanche nuageux, le club ariégeois de Luzenac est en déplacement sur la pelouse de la Juventus. Pas de Turin, mais de… Papus, club de quartier toulousain dont l’un des fondateurs était un tifoso de la Vieille Dame. On joue la quatrième journée du championnat de Régional 1 (R1), sixième échelon du football français. Ici, tout le monde connaît l’histoire des visiteurs. Privés d’accès au monde professionnel à l’été 2014, ils sont devenus le symbole du mépris des instances dirigeantes pour le football amateur.

Six ans plus tard, Luzenac continue de se battre pour faire entendre ses droits sur un sujet qui, à l’évidence, reste très sensible. «La plaie est encore ouverte, elle ne cicatrisera jamais», souffle avec émotion Christophe Rodriguez, le président du club. Les années n’ont pas effacé le traumatisme vécu par le club ariégeois. Au terme de la saison 2013-2014, celui-ci termine sur le podium du National, la troisième division, obtenant une accession historique en Ligue 2. Un exploit pour cette bourgade d’environ 600 habitants nichée au cœur du massif pyrénéen, qui a construit sa prospérité en creusant l’une des plus grandes carrières de talc d’Europe.