Football

A Lyon, la FIFA cède à la tendance du Final Four

De nombreux sports regroupent les demi-finales et la finale de leurs grands tournois au même endroit, mais le football y a longtemps rechigné. C’est fini, comme l’illustre cette semaine l’épilogue de la Coupe du monde féminine

Où la Coupe du monde féminine organisée en France pouvait-elle se terminer sinon à Lyon, où prospère la meilleure équipe d’Europe et où un magnifique stade de quelque 58 000 places a été inauguré il y a trois ans seulement?

La finale se disputera dimanche au Groupama Stadium, et cela ne surprend personne. Mais d’ici-là, l’enceinte aura aussi accueilli les deux demi-finales (Angleterre - Etats-Unis et Suède - Pays-Bas) mardi et mercredi: voilà qui tranche avec les habitudes des grandes compétitions de football, qui traditionnellement baladent leurs héros jusqu’au bout.

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Lors de l’Euro masculin en 2016, les demi-finales s’étaient déroulées à Lyon et Marseille avant une finale au Stade de France, et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Mais le milieu du ballon rond succombe actuellement au charme du concept de Final Four, qu’on peut traduire par «carré final»: les quatre dernières équipes en lice réunies sur un même lieu pour en découdre.

Marque déposée

L’UEFA l’a adopté lors de la récente Ligue des nations, où le Portugal avait pour mission d’organiser le Final Four dans deux stades distants d’un maximum de 150 kilomètres. Son Euro 2020 sera plus éclaté que jamais – il se déroulera entre 12 villes de 12 pays différents – mais ses demi-finales et sa finale auront toutes lieu à Wembley. La planification de la Coupe du monde féminine montre aujourd’hui que la FIFA suit le mouvement.

Les prochaines éditions du tournoi dans sa version masculine proposeront-elles la même formule? En 2022, les stades qataris seront si proches les uns des autres que la question ne se posera pas. Elle aura par contre toute son importance en 2026 pour un événement organisé entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. Mais une chose est sûre: la FIFA ne pourra alors pas parler de «Final Four» car il s’agit outre-Atlantique d’une marque protégée, dont est propriétaire la NCAA, l’association qui gère le championnat de basketball universitaire et qui fut la première à l’utiliser en 1975.

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Cela n’a pas empêché, ailleurs, de nombreuses compétitions de s’emparer du terme et du concept. Euroligues (basket) et Ligues des champions (handball et volley) ont – entre beaucoup d’autres – leur Final Four. Le football y a par contre longtemps résisté. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer. Une pelouse naturelle souffre forcément plus de la multiplication des matchs que le parquet d’une salle de sport. Et puis un seul match à enjeu peut drainer une foule importante qu’il n’est pas forcément aisé d’absorber pour une agglomération, alors trois (voire quatre)?

Double peine

Aujourd’hui, l’entretien des terrains a beaucoup progressé (quand ils ne sont pas synthétiques) et les instances qui orchestrent le football international s’estiment capables de gérer la question des supporters. Le regroupement des matchs présente par ailleurs plusieurs avantages, que ce soit pour les équipes engagées (cela limite leurs déplacements), les organisateurs (cela réduit le nombre d’infrastructures à faire tourner) et, même, l’intérêt public de la compétition.

Car un Final Four est un événement dans l’événement. Cette semaine à Lyon comme en juin entre Porto et Guimarães (pour l’épilogue de la Ligue des nations) se croisent des fans et des membres de toutes les équipes engagées. Il se passe vraiment quelque chose en ville et cela se ressent. Mardi après-midi, la star américaine Megan Rapinoe et quelques coéquipières se détendaient tranquillement sur leur terrasse en voyant revenir de l’entraînement les Suédoises, qui logent au même hôtel.

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Une double peine attend par contre les équipes battues en demi-finale. Elles seront non seulement écartées de la course au titre, mais aussi éjectées de la ville en fête: le match pour la troisième place de la Coupe du monde aura lieu samedi à Nice.

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