Génération 92

M17: la leçon de philosophie du professeur Ryser

Le titre mondial de 2009 n’a pas profité à l’entraîneur des M17. Dany Ryser n’a jamais entraîné une équipe professionnelle. Pas grave pour cet idéaliste qui a toujours préféré la formation et le partage à la compétition

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Durant toute la semaine, Le Temps revient sur les dix ans de la victoire de l'équipe nationale M17 à la Coupe du monde 2009 au Nigéria, le premier - et unique - titre mondial du football suisse

La Suisse compte de nombreux entraîneurs de football de haut niveau. Mais un seul possède à son palmarès un titre de champion du monde, et c’est loin d’être le plus célèbre de tous. Pas grave. Dany Ryser est ainsi libre d’arpenter en toute tranquillité les rues de Soleure, une de ces cités de caractère qui combinent les avantages de la ville et de la campagne. Et le sexagénaire au crâne glabre et à l’œil pétillant l’assure: il est heureux de tout ce qu’il a réalisé jusqu’ici, comme des missions qui remplissent encore (bien) son agenda.

Il a donné rendez-vous dans un hôtel du bord de l’Aar et arrive à vélo. Il vient de rentrer de Zagreb, où il a participé à une rencontre internationale autour de la formation des entraîneurs. La semaine précédente, il était en Islande, après s’être déjà rendu au Gabon ou encore en Tunisie ces derniers temps. Le technicien ne raffole pas forcément des déplacements en soi, mais chérit ces moments où il est amené à transmettre une partie de ses connaissances. Ce fut le fil rouge de sa carrière professionnelle, de ses dix-huit ans dans l’enseignement primaire et secondaire à ses seize ans à l’Association suisse de football (ASF). Il y a dirigé des sélections espoirs, formé des entraîneurs et même assumé la direction technique pendant un temps. Toujours dans l’ombre, ou presque.