Dans le métro madrilène, ligne 3 – dont les stations sont temporairement décorées aux couleurs des pays participant à la Coupe Davis –, un père et son fils salivaient à la lecture du menu du jour. «Djokovic-Khachanov! Celui-là, on ne va pas le rater!» – «On n’en ratera aucun, hijo.» On s’était alors pris à croire qu’un matin du cinquième jour, la «Davis Cup by Rakuten, Madrid Finals» allait enfin décoller. «C’est l’heure de vérité», titrait le quotidien sportif Marca, en préambule à ce «Super viernes» qui proposait, outre Novak Djokovic et Karen Khachanov, Andy Murray et Rafael Nadal dans les trois quarts de finale au programme.

Il ne fallut pas plus de trente minutes pour déchanter. Malgré les alléchantes promesses de ce Russie-Serbie inaugural, la sono à fond, le recours aux chœurs de Carmina Burana et les efforts du speaker pour faire monter la mayonnaise, c’était encore et toujours le même spectacle de désolation que les matinées précédentes. Pas de public, pas d’ambiance, pas d’âme. Il y avait peut-être 1000 spectateurs lorsque les équipes russe et serbe entrèrent sur le court principal de la Caja Magica, une salle qui peut en contenir douze fois plus. En février dernier, les Russes avaient à peu près joué devant la même affluence, à Bienne, dans la petite salle modulable de Swiss Tennis. Mais on expédiait alors les affaires courantes, sans prétendre faire la révolution.