Poc. La boule s’écrase sur le gravier à quelques centimètres du cochonnet: 13-1, fin de partie. Bonne perdante, Marie-Jeanne Rey fait la bise à Alwin Pittet qui, comme le veut la tradition, lui paiera un coup à boire à la buvette. Tout semble séparer la joviale retraitée, qui joue surtout pour la convivialité même si elle «aime bien gagner», du jeune homme de 20 ans qui vient de disputer les Championnats d’Europe en Bulgarie avec l’équipe de Suisse et qui n’est pas «monté» de Lausanne pour «dire bonjour». Mais chaque 26 décembre, ils sont réunis au boulodrome d’Yverdon par la pétanque, comme le cousin punk et l’oncle beauf par le repas de Noël.

Entre la dinde du 25 et le champagne du 31, le club local a pris coutume d’organiser pas moins de quatre tournois, deux en doublettes, deux en triplettes. Il réitère son carton chaque année: les tableaux de 24 équipes se remplissent en quelques jours. «Nous n’avons que 12 terrains à l’intérieur, cela limite le nombre de places disponibles, commente Julien Pellegrini, qui administre le concours de ce jeudi derrière son ordinateur. Il y aurait la demande pour doubler la participation sans problème.» Il trépigne de jouer lui-même ce week-end. «Boulistiquement parlant, l’année se termine début décembre avec le premier tour des interclubs. Après, il ne se passe plus grand-chose. Alors, quand viennent les Fêtes, on crève la boule, comme on dit.»