Après trois jours de polémiques et d'incertitudes traversés dans un climat délétère, le sport a repris ses droits. Vendredi, les informations fournies, enfin, par la justice espagnole dans le cadre de l'instruction concernant l'affaire «Puerto» avaient permis d'aller de l'avant et de faire le ménage. Résumant l'avis quasiment général, Juan Fernandez, un des directeurs sportifs de Phonak, relevait samedi matin: «Heureusement que l'abcès a pu être crevé avant le départ. Ces dernières journées ont été très éprouvantes. Il était temps que le Tour commence. La course va nous libérer l'esprit.»

Et la course est partie. Bien partie avec une caravane comme libérée de la chape de plomb qui pesait sur elle. Et la magie du Tour a une fois encore opéré, une foule considérable s'étant déplacée comme si tout un chacun se moquait des histoires de dopage. Le lancement de la course, d'un Tour que d'aucuns qualifient peut être hâtivement de «Tour du renouveau», même si le signal donné a été très fort, a été de qualité. Comme le relevait Christian Prudhomme, le nouveau directeur: «Nous avons gagné une grande bataille, nous avons vécu le début d'une prise de conscience.» Mais il reste à gagner la guerre...Hushovd et Hincapie premiers leaders

Vainqueur du prologue de samedi avec 73 centièmes de seconde d'avance sur l'Américain George Hincapie, soit 10,42 mètres, le Norvégien Thor Hushovd, de l'équipe Crédit Agricole, n'est pas resté longtemps leader du Tour de France. Hier, son malheureux second de la veille profitait d'un sprint à bonification pour prendre deux secondes et revêtir le maillot jaune. Vainqueur du jour, le Français Jimmy Casper a surpris tous les favoris pour remporter au sprint la 1re étape du Tour de France, à Strasbourg, devant l'Australien Robbie McEwen et l'Allemand Erik Zabel.