Football

Manchester City a surclassé Bâle sans forcer

Il n'y a pas eu de match au Parc Saint-Jacques, mardi soir. Juste une équipe beaucoup plus forte que l'autre (0-4). Pour les Bâlois, la Ligue des champions s'arrête avant même le match retour

A Gary Lineker qui lui demandait lors une interview diffusée ce week-end sur SFR quelle était la clé du succès pour un entraîneur, Pep Guardiola hésita un bref instant puis répondit: «Avoir de bons joueurs.» On estime à 1 milliard d’euros la somme qu’aurait dû dépenser le FC Barcelone des années Guardiola pour recruter les Messi, Iniesta, Xavi, Busquets, Puyol, Piqué qu’il avait formés à la Masia. A Manchester City, où il s’efforce de rebâtir un Barça sans Messi, «Pep» a déjà dépensé 878 millions d’euros pour l’effectif actuel.

Ce préambule pour dire que ce qui a fait la différence entre Bâle et Manchester City, mardi soir en huitième de finale aller de la Ligue des Champions, c’est d’abord et surtout la différence de qualité des joueurs. Le futur champion d’Angleterre a marqué sur ses trois premières occasions, par Gündogan (de la tête sur un corner tiré au premier poteau par De Bruyne, 13e), Bernardo Silva (exploitant côté droit un déboulé de Sterling côté gauche, 18e) et Agüero (d’un tir à 20 mètres, sec et précis, 22e).

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Trois occasions de part et d’autre

Au cours de ce début de match cauchemardesque, Bâle eut lui aussi trois occasions de but. Déposant Kompany et devançant la sortie d’Ederson, Oberlin manqua son extérieur du droit (5e). Six minutes plus tard, le jeune attaquant bâlois prit de vitesse Otamendi qui s’en sortit par une obstruction qui ressemblait fort à un pénalty (11e). Enfin, sur l’engagement du 0-1, Stocker manqua lui aussi l’occasion de lober le gardien anglais (14e).

Nous aurions aimé dire que Guardiola a donné une leçon tactique, que l’équipe qui a laminé Bâle sur sa pelouse (0-4) a offert une impressionnante démonstration collective. Même pas. Pas de pressing étouffant, pas de but inscrit sur attaque placée. City est certes très impressionnant par ses déboulés sur les ailes, sa capacité à se projeter à six ou sept devant, la complémentarité de son milieu de terrain. Mais la charnière centrale est lente et le gardien souvent mal placé. Des défauts qui coûteront peut-être cher contre le PSG ou le Barça mais sans importance contre ce médiocre FC Bâle.

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La qualité des hommes

En face, Raphaël Wicky avait d’emblée accepté la domination supposée de l’adversaire, avec un 5-4-1 positionné très bas et le duo Lacroix-Xhaka pour encadrer Marek Suchy en défense centrale. Ce que Bâle gagnait en sécurité défensive, il le perdait presque immédiatement, à la relance, par la faute d’un gros déchet technique. Une tactique plus audacieuse aurait-elle changé quelque chose? Peut-être le choix d’autres hommes. Titularisées au nom de la primauté accordée à l’expérience, les recrues hivernales Fabien Frei et Valentin Stocker furent, pour l’un, assez neutre, et pour l’autre, inexistant.

Guardiola, lui, a eu la main nettement plus heureuse avec Gündogan et Bernardo Silva, deux buteurs, deux joueurs de complément préférés mardi soir aux habituels titulaires David Silva et Leroy Sané. Ilkay Gündogan inscrivit même en début de seconde mi-temps le fameux but dit «comme à l’entraînement»: contrôle orienté, ballon brossé au ras du poteau (52, 0-4).

Retour six mois en arrière

Bâle se déplacera donc dans trois semaines à l’Etihad Stadium sans autre but que voir du pays et emmagasiner de l’expérience. Difficile de se souvenir que cette même équipe a battu l’autre club de Manchester, United, ici même il y a moins de trois mois. «A l’époque, Bâle enchaînait les matchs, alors que ce soir, cette équipe a clairement manqué de compétition après deux mois de pause hivernale», plaidait… Pep Guardiola. «Ils ont eu deux occasions en début de match, nous avons été «cliniques» avec trois buts sur nos quatre premières occasions. Après, cela a été difficile pour eux.»

Raphaël Wicky appréciera sans doute le coup de pouce confraternel. Reste que son FC Bâle n’est plus celui conquérant de l’automne. En laissant partir Steffen et Akanji, en recrutant Lacroix, Frei et Stocker, Bâle, qui a déjà concédé du terrain sur Young Boys dans le championnat de Super League, semble être revenu six mois en arrière. Lorsqu’il peinait à dégager une force collective et à faire émerger des individualités. Ce Bâle-là avait déjà coulé à Manchester, contre United.

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