Ils sont encore sur leur nuage. Au Noga Hilton de Genève, la délégation bâloise était tout sourire. A l'image de leur mécène, la blonde Gisela Oeri, les représentants du FC Bâle abordaient le rituel du tirage au sort de la deuxième phase de la Ligue des champions sans la moindre appréhension. Au simple énoncé des noms de leurs adversaires potentiels, ils ressentaient un sentiment grisant.

Bien que le vœu de Christian Gross n'ait pas été satisfait (il aurait voulu rencontrer le Real Madrid de Ronaldo), le président Werner Edelmann était enchanté: «Non seulement nous jouerons à guichets fermés, mais je crois à nos chances. Nous allons encore surprendre!» Agé de 61 ans, ce commerçant à la retraite a réduit le nombre de ses parcours de golf afin de consacrer trois journées pleines à la marche du club. «Je suis membre du FC Bâle depuis quarante ans. Je n'aurais pas accepté la présidence si je n'avais pas pu m'appuyer sur un staff aussi performant», déclarait-il en rendant un hommage indirect au directeur sportif Oliver Kreuzer et au secrétaire général Roger Hegi.

Ce dernier, la lippe gourmande, énumérait les atouts de leurs trois futurs opposants du groupe B: «La Juve représente la tradition. Elle compte d'innombrables «tifosi» en Suisse. Et avec Del Piero, elle possède un leader d'attaque charismatique. Manchester United, c'est tout d'abord une puissance économique unique dans le football mondial. Et il y a Beckham. Deportivo La Corogne ne jouit pas de la même aura, mais la formation espagnole est intrinsèquement la plus forte. Elle a réussi l'exploit, lors de la première phase, de battre le Bayern à Munich et l'AC Milan à San Siro.»

Le premier match du FC Bâle, avec la venue de Manchester United le mardi 26 novembre au Parc Saint-Jacques, revêtira une importance décisive. Alec Ferguson, privé de son stoppeur Rio Ferdinand, s'interroge déjà sur la meilleure manière de juguler la verve offensive des Rhénans. Laurent Blanc aura bien besoin de tout son métier pour s'opposer au fameux «trident» Hakan Yakin/Rossi/Gimenez. Paradoxalement, bien qu'elle soit issue du premier chapeau, la formation d'Old Trafford apparaît plus accessible que la Juventus et Deportivo. Christian Gross connaît mieux que personne les caractéristiques du football d'outre-Manche. Il l'a démontré cette saison aux dépens de Celtic Glasgow et de Liverpool FC. Face aux Mancuniens, le danger surgit sur les côtés. Beckham à droite, Giggs à gauche sont capables de déstabiliser n'importe quelle défense.

Choix tactique épineux

Gross sera donc confronté à un problème tactique épineux. Abandonnera-t-il son 4-3-1-2 pour un retour au 4-4-2 afin de mieux garnir les flancs de sa défense? Il n'est pas au bout de ses interrogations, mais son temps de réflexion est compté. L'entraîneur du FC Bâle n'oublie pas la première des priorités, celle que son président rappelait encore à Genève: «Il faut défendre victorieusement notre titre de champion suisse!»