«Il sera au stade. Nous ne savons pas encore combien de temps il restera, mais au moins 10 à 15 minutes», a indiqué mardi son petit-fils Nkosi Zwelivelile Mandela. «Il viendra pour saluer les fans et […] se retirera pour suivre le match chez lui», a-t-il ajouté. Pour le héros de la lutte anti-apartheid, ce jour marquera la consécration de l’Afrique du Sud démocratique. Avec le Mondial, le pays peut se targuer de l’organisation du plus gros événement sportif planétaire, suivi par une audience cumulée de 26 milliards de téléspectateurs. L’engagement de cette icône mondiale, il y a six ans pour la candidature sud-africaine auprès de la FIFA, avait joué un rôle déterminant dans l’attribution de la Coupe du monde à son pays.

Mais Nelson Mandela, qui aura 92 ans le 18 juillet, est de plus en plus frêle et a du mal à se déplacer. Sa dernière apparition en public remonte au 11 février, lorsqu’il avait assisté à une cérémonie au Parlement sud-africain marquant le 20e anniversaire de sa libération. Aussi, sa famille avait-elle assuré qu’il ne viendrait pas assister au match d’ouverture à Soccer City, l’immense stade de plus de 90’000 places érigé pour la Coupe du monde au sud de Johannesburg.

Fan de football, il a toutefois «exprimé son intérêt pour assister à des matches», a indiqué mardi la Fondation Mandela, qui gère le nom et l’image de celui qui incarne l’idéal de réconciliation raciale de la «nation arc-en-ciel». Les pressions amicales se sont succédées ces dernières semaines. Le président de la FIFA, Sepp Blatter, avait indiqué «espérer» la présence de Nelson Mandela à l’ouverture de la compétition. Dimanche, le chef de l’Etat sud-africain, Jacob Zuma, avait «souhaité qu’il puisse être là.» Sa présence transfigure l’événement, rappelant la Coupe du monde de rugby en 1995 lorsque, un an à peine après les premières élections multiraciales, le président Mandela avait rallié la nation derrière le quinze sud-africain, équipe fétiche des anciens maîtres de l’apartheid.

Il lui donne aussi des allures de revanche, après des années de doutes sur la capacité de l’Afrique du Sud à relever le défi. Au total, le pays a dépensé près de 4 milliards d’euros pour le Mondial, notamment pour édifier cinq nouveaux stades et un nouvel aéroport à Durban. Celui de Johannesburg a été entièrement rénové.