Boxe

Manny Pacquiao, du ring à l'arène politique

A 40 ans, l’infatigable boxeur philippin remet sa ceinture mondiale WBA des welters en jeu samedi à Las Vegas contre Adrien Broner. Une manière de financer sa carrière politique, qu’il mène en parallèle avec autant d’ambition

Le temps ne semble pas avoir d’emprise sur la volonté de Manny Pacquiao. Sur sa vitesse un peu plus. Quatre des sept défaites du Philippin (pour 60 victoires et 2 nuls) ont eu lieu lors de ses dix derniers combats. Et pourtant, «Pacman» s’apprête, à 40 ans, à défier Adrien Broner, de onze ans son cadet, avec la même envie que celle montrée pendant ses plus belles années. Aussi parce que, pour le boxeur devenu sénateur en 2010, sport et politique sont devenus deux activités très liées. Du ring au sénat, il y a eu quelques pas, et beaucoup de coups à encaisser.

La boxe pour exister

En 2007, Manny Pacquiao est une star aux Philippines, déjà champion du monde dans trois catégories, lorsqu’il tente d’en découvrir une quatrième en se présentant aux élections législatives. Il ne fait pas le poids, perd, apprend. «J’ai été nettement battu par une femme d’affaires locale, héritière d’une puissante et riche famille des Philippines», déclare-t-il après sa défaite. Dans ce pays d’Asie du Sud-Est, peuplé de 107 millions d’âmes, le pouvoir politique est aux mains de dynasties familiales séculaires. Emmanuel Dapidran Pacquiao, enfant pauvre des rues de General Santos (sud), se servira désormais de la boxe pour se financer un réseau.