Neuchâtel Xamax se bat toujours pour sa survie financière. Au mois de janvier, au moment d'entamer la préparation d'une campagne de printemps dont l'objectif est d'assurer son maintien en Ligue nationale A, le club neuchâtelois avait été l'objet d'un bras de fer peu reluisant. Un combat médiatique et financier dont Gilbert Facchinetti, son légendaire président, était sorti vainqueur in extremis. La solution de sauvetage proposée par Gian Paolo Bonora, un homme d'affaires italien, était enterrée à la satisfaction presque générale.

La piste italienne évanouie, il a fallu trouver une autre solution. Conformément à son image, Gilbert Facchinetti a repris son bâton de pèlerin pour son club. Un chemin qui l'a mené vers le groupe IMG (Suisse) dont le siège est à Hauterive. Après une série de discussions, les deux parties sont convenues d'un échéancier. Marc Biver, patron d'IMG (Suisse), explique l'intérêt de son groupe pour le football suisse.

Le Temps: Les problèmes financiers de Neuchâtel Xamax ne sont pas une découverte. Pourquoi IMG (Suisse) s'intéresse-t-il subitement donc à Neuchâtel Xamax?

Marc Biver: Je tiens tout d'abord à remettre les choses dans leur contexte. Le football, pour le groupe IMG, a toujours été très important. Nous avons actuellement 500 joueurs professionnels, 22 fédérations et une trentaine de clubs sous contrats. Des chiffres qui prouvent que nous sommes déjà présents dans ce sport. De plus, nous nous sommes occupés de toute la commercialisation liée à la participation de l'équipe suisse à la Coupe du monde 96 aux Etats-Unis. Notre intérêt pour Neuchâtel Xamax n'est donc pas un coup de tête. Il s'inscrit dans une stratégie globale dans le football, comme c'est le cas pour le RC Strasbourg.

– De l'extérieur, il paraît étonnant qu'un groupe si strict financièrement s'intéresse à un club à l'image un peu écornée…

– Je ne suis pas forcément d'accord avec cette analyse. Il faut replacer Neuchâtel Xamax dans la situation générale du football suisse. Le club y a sa place. Je suis persuadé que nous pouvons amener une nette plus-value au club.

– Laquelle?

– Nous pouvons apporter un important réseau de connexion. Et cela aussi bien au niveau des joueurs que des relations avec les sponsors. Une collaboration plus intense avec Strasbourg est également envisageable. Au niveau marketing et commercial, notamment au niveau des droits, je suis persuadé que nous pouvons aussi améliorer la situation actuelle.

– Et les ambitions? Voulez-vous faire de Neuchâtel Xamax un grand d'Europe?

– Absolument pas. Il faut rester raisonnable et fixer des objectifs réalistes avec la région neuchâteloise. Il faut éviter la mégalomanie. La place de Neuchâtel Xamax est à mon sens dans la première moitié du classement de LNA. Mais nous ne pouvons nous aligner avec Grasshoppers ou Servette, des clubs qui sont soutenus par des bassins de population beaucoup plus importants.

– Vous parlez d'une équipe en LNA. Et si le club est relégué, que se passera-t-il?

– Que ce soit bien clair. Nous n'avons pas encore signé d'accord. Nous allons réaliser ces jours un audit approfondi du club, avant de réunir toutes les personnes concernées par le football qui œuvrent dans notre groupe. Cette réunion aura lieu la semaine prochaine. Une décision y sera prise.

Actuellement, nous n'avons franchi que la première étape. De plus, nous avons assorti un éventuel engagement de deux conditions: le maintien en LNA et la mise aux normes européennes du stade de la Maladière, qui appartient à la ville de Neuchâtel.

– Pensez-vous que les autorités locales accepteront de couvrir ces investissements?

– Je ne sais pas. Mais si elles ne le font pas, nous ne nous engagerons pas. Si nous investissons de l'argent dans le club, il faut qu'il dispose d'un outil de travail adapté. Sinon, le projet est voué à l'échec. Quant aux contacts, ils doivent être pris par le club lui-même.

– Quelle forme prendrait votre éventuelle prise de contrôle?

– Nous devrions procéder par une augmentation de capital. Le chiffre articulé actuellement est de 1,5 million de francs. Mais que ce soit clair: cette somme ne nous effraie pas. Nous tenons simplement à disposer des meilleures conditions pour assurer l'existence du club.