Joint lundi soir par téléphone, Marc Roger s'est déclaré surpris. Par le fait, d'abord, que Lorenzo Sanz accepte de recevoir un journaliste le lundi, «parce qu'il est en général encore à Marbella ce jour-là». Par le fait, aussi, que l'entrepreneur madrilène ne soit pas précisément informé de la situation actuelle du Servette FC: «Je conçois bien que le club ne soit pas le souci principal de Lorenzo, qui a énormément d'obligations par ailleurs. Mais nous le tenons régulièrement au courant. Me Marguerite Fauconnet (ndlr: avocate parisienne de Marc Roger) lui envoie souvent des fax dans ce sens. Mais la pile de messages doit être imposante puisqu'il possède des parts dans une cinquantaine de sociétés, et peut-être ne les lit-il pas toujours.» Optimiste et enjoué malgré les soucis qui s'abattent sur le club, le patron de la maison «grenat» a accepté d'effectuer un tour d'horizon. Avec son franc-parler habituel.

Le versement des salaires du mois d'octobre

«A ce sujet, nous attendons justement des nouvelles de Lorenzo Sanz. Me Varela (ndlr: avocat hispano-suisse de Marc Roger) l'a rencontré vendredi dernier à Madrid à ce propos. Nous ne comptons pas uniquement sur son argent, mais il fait évidemment partie du budget annuel du club, qui s'élève à 14 millions de francs. Cela dit, je suis en contact régulier avec des gens qui souhaitent investir dans le Servette FC. Plusieurs sociétés suisses également implantées à l'étranger sont intéressées. Mais le fait d'être dernier du classement de Super League ne facilite pas les négociations.»

Des résultats très décevants

«La vérité du jour n'est pas celle du lendemain, le football est ainsi fait. Il est vrai que lors du match de Coupe à Sion, les joueurs ont péché par manque de motivation. Mais à Bâle par exemple, Servette a, malgré la défaite (ndlr: 1-2), réalisé une performance remarquable, comme l'a souligné l'entraîneur adverse Christian Gross. Il y a dix jours contre Xamax (1-2), nous avons été victimes de l'arbitrage. Et dimanche à Zurich (1-2), notre gardien Sébastien Roth a commis une erreur inhabituelle. Les techniciens suisses sont d'accord sur la valeur de l'équipe. Tout ira mieux en février, lorsque les joueurs auront eu le temps d'effectuer une véritable préparation commune.»

Le conflit avec la Fondation du Stade de Genève

«C'est Me Dominique Warluzel (ndlr: avocat genevois de Marc Roger) qui gère cette affaire. J'ai été surpris de lire samedi dans le journal que la Fondation avait adressé un commandement de payer me concernant à l'Office des poursuites. En tout cas, je n'ai rien reçu à mon domicile pour l'instant. Tout ce que je peux vous dire, c'est que nous avons un bon dossier dans cette affaire et que nous saurons nous défendre. Nous pourrions nous aussi adresser prochainement un commandement de payer à la Fondation. Et il serait beaucoup plus élevé que celui de 300 000 francs que je suis censé recevoir.»

Et si Lorenzo Sanz se retirait?

«Nous avons signé avec lui un contrat dans lequel il s'engage à nous verser une certaine somme d'ici à la fin de l'année. J'ai pleine confiance en Lorenzo. Lorsque je lui ai dit que nous avions perdu 3 millions d'euros suite à notre mauvais début de championnat, il m'a même dissuadé de me séparer de certains joueurs pour faire des économies. Il sait que cela ne se joue pas sur le court terme. Et puis nous avons d'autres ressources, d'autres contacts. Nous allons aussi mettre sur pied, d'ici à fin novembre, une souscription publique. Et grâce à nos relations, nous avons bâti un capital-joueurs d'environ 30 millions de francs en investissant très peu. En football, ce genre de patrimoine peut très vite grimper vers le haut. Vous savez, je travaille quinze heures par jour depuis huit mois pour le Servette: ce n'est pas pour lâcher maintenant.»