Pour la première fois depuis le début des rencontres du tableau principal, le tournoi a été épargné par la pluie. On peut s'en réjouir mais le phénomène a une conséquence ou plutôt une cause fâcheuse. Si Gstaad n'a pas connu d'intempéries hier, c'est parce que le vent s'est levé, et le vent, Marc Rosset n'aime pas. De ce fait, il n'a pas été capable de retrouver le niveau qui avait été le sien face à Rusedski et a abandonné à son adversaire, Arnaud Di Pasquale, la place en quart de finale qu'il convoitait.

Dans un passé pas si lointain, Rosset aurait perdu une rencontre disputée dans de telles conditions avant même de l'avoir entamée. Il n'en a rien été contre le Français. Le Genevois a tenté sa chance et, comme l'indique le score final, il n'est pas passé très loin de la victoire. On a cependant très vite pu se se rendre compte que le numéro un helvétique n'affichait pas une grande sérénité. Le puissant serveur qu'il est a en effet été menacé dès son premier jeu de service au cours d'une rencontre où les fautes dites non provoquées ont été nombreuses. Même si le Suisse et le Français n'évoluaient pas à leur meilleur niveau, et de loin, ils ont tous deux réussi à conserver leur engagement durant la manche initiale jusqu'au douzième jeu. A ce moment, on a assisté à la première perte de service de la partie, une défaillance due à une accumulation d'erreurs grossières, dont une double faute, de la part de Rosset.

Les spectateurs ont pu craindre le pire pour lui quand il a concédé à nouveau sa mise en jeu très rapidement dans le second set. Il a toutefois bien réagi et il est même parvenu à mener 3-2 avec son service à suivre. Pas plus que Di Pasquale, Rosset n'est parvenu à préserver cet avantage, ce qui a fait dire au Français à l'issue de la partie que cette dernière avait des allures de rencontre féminine. Mettant en jeu après son rival, le numéro un helvétique se retrouvait ainsi sous la menace d'un nouveau passage à vide au service et c'est bien ce qui s'est passé en fin de seconde manche, une nouvelle fois au douzième jeu. A deux reprises, il a dû écarter une balle de match pour obtenir le droit de disputer un jeu décisif.

Parfois, le fait d'avoir frisé la défaite peut donner des ailes à un joueur. Un bref instant, on a pu croire que tel était le cas puisque Rosset a mené 2-0 dans le tie-break. Il a fallu pourtant vite déchanter. D'une maladresse insigne à la volée à un moment si important, le Genevois a gâché une possibilité de renverser la vapeur dans cette rencontre et par là même une occasion d'atteindre les quarts de finale d'un tournoi pour la première fois depuis le mois de février.

Dans la charrette des éliminés du deuxième tour, Marc Rosset est en bonne compagnie puisque Marcelo Rios et Mariano Zabaleta, tous deux têtes de série, ont également été contraints de quitter Gstaad prématurément. Leurs vainqueurs, respectivement Younes El Aynaoui et Andrea Gaudenzi, ont un point commun. Ils ont été longtemps blessés et se sont distingués au Challenger de Genève lors de leur tentative réussie de retour au premier plan, le Marocain en 1998 et l'Italien un an auparavant. Un séjour sur les bords du Léman peut donc avoir du bon, et c'est peut-être pour cette raison qu'Arnaud Di Pasquale a décidé de s'y installer dès la fin de cet été.