L’œil du court

Marc Rosset: «Roger Federer a déjà réussi son retour»

Battu en quart de finale à Madrid, Roger Federer s’est inscrit au tournoi de Rome, prolongeant ainsi son plaisir de rejouer sur terre battue. C’est ce qui lui a manqué l’an dernier, estime Marc Rosset dans sa chronique au «Temps»

Pour son retour sur terre battue, Roger Federer a joué trois matchs à Madrid, contre Richard Gasquet, Gaël Monfils et Dominic Thiem. Gasquet revenait de blessure, était «cramé» de son match de la veille et nourrit toujours un complexe d’infériorité face à Federer; ce premier tour facilement gagné (6-2 6-3) n'était pas un indicateur fiable de son niveau de jeu. Il fallait encore attendre un peu.

Le deuxième match, face à Gaël Monfils, fut sacrément décousu. On peut presque se demander comment le Français a perdu (6-0 4-6 7-6). Federer a eu un peu de chance, a alterné le très bon et le plus moyen. J’ai bien aimé son attitude, sa volonté d’aller de l’avant, de ne pas subir. Par contre, il était parfois à la limite sur certaines glissades et l’on sentait qu’il n’avait pas encore tous les automatismes du jeu sur terre battue. Ce n’était pas tant le fait de ses trois ans d’absence sur cette surface – parce que, pour les meilleurs joueurs, la saison sur terre ne compte finalement que trois ou quatre tournois – que de son déficit d’expérience cette saison: pour ses débuts, il affrontait des joueurs qui avaient déjà deux tournois sur terre dans les jambes.