Tout le monde s’est moqué de lui. Le public sur le coup, puis la presse autrichienne le lendemain. Oui, tout le monde a rigolé quand, en ouverture du team-event, Marcel Hirscher a perdu son duel contre Dries Van Den Broecke. Un quintuple vainqueur du général de la Coupe du monde qui s’incline contre un anonyme Belge sans palmarès? Cela avait de quoi faire sourire. C’était mardi dernier. Cinq jours plus tard, l’Autrichien de 27 ans a quitté l’Engadine avec trois médailles autour du cou, dont deux d’or. Et plus personne ne rigole. Marcel Hirscher a rappelé qui était le patron.

Un champion qui a du panache

Après la première manche du slalom de clôture des championnats du monde, deux Suisses étaient encore en mesure de s’inviter sur le podium. Mais Ramon Zenhäusern (neuvième) et Daniel Yule (onzième) n’ont pas su doser leur prise de risque et sont partis à la faute. A l’inverse, Marcel Hirscher, qui pointait en tête dès son premier run, a fait étalage de toute sa virtuosité pour valider son titre. Comme deux jours auparavant en géant, dans l’aire d’arrivée, il n’a levé les bras qu’après avoir bien regardé le tableau d’affichage. Champion du monde. Avec panache: son compatriote Manuel Feller pointe à près de sept dixièmes de seconde; l’Allemand Felix Neureuther à 0''93; le prodige norvégien Henrik Kristoffersen à plus d’une seconde.

En attendant le grand globe

A ce niveau de savoir-faire, le slalom confine à la performance artistique. Tandis que tous ses adversaires semblaient lutter contre la piste et les piquets, l’Autrichien dansait sur l’une, et avec les autres. On peut énumérer les chiffres qui gravent le nom de Marcel Hirscher dans l’histoire du ski – cinq grands globes de cristal consécutifs, six petits, 43 victoires en Coupe du monde – mais il suffisait de le regarder skier dimanche à Saint-Moritz pour être frappé par la classe du champion.

Une sensation familière pour ceux qui, la veille, avaient déjà vu Mikaela Shiffrin remporter le slalom féminin. Les deux athlètes dégagent la même assurance, mobilisent la même fluidité et dominent la concurrence avec la même facilité apparente. Ils devraient selon toute vraisemblance remporter le général de la Coupe du monde cet hiver. Leurs titres à Saint-Moritz consacrent leur toute-puissance.

Cheminement intérieur

Devant la presse, Marcel Hirscher a retracé son cheminement intérieur lors de ses Mondiaux «parfaits»: «Après la médaille d’argent dans le combiné, l’objectif minimum d’une médaille sur cinq courses à mon programme était atteint. Après la victoire dans le slalom géant, forte en émotion, que j’ai attendue longtemps après mes deux deuxièmes places derrière Ted Ligety aux Mondiaux, il était très facile pour moi de me préparer mentalement pour ce slalom. Ce qui aurait pu ne pas marcher, c’est que mon ski soit trop lent. J’ai donc décidé de tout donner dans ces deux manches et cela a marché.» Tout simplement.


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