Il faudrait ne pouvoir jamais avoir affaire à lui. Et puis, finalement... Quelques formules d'usage, «pas de référence nominative, pas de zone d'activité définie» et, entre la France et la Suisse, une tonalité clandestine.

«Que me donnez-vous en échange de mon témoignage? Vous êtes journaliste, vous avez forcément des billets. Ou alors vous n'êtes pas un bon journaliste...» Le quart d'heure de conversation vaut quelques centaines de francs, négocié finalement. «Tant pis, mais si vous faites un effort, alors je vous dirai tout.» Tant pis.

2500 euros

Il dira simplement «acheter ses places à l'avance», deux par événement, s'enorgueillissant de quelques accointances véreuses, «artistes et relations» lui assurant une vitrine de brocanteur, «des manifestations culturelles et sportives en tout genre», et un tarif insensible, «au-dessus de la valeur faciale». Combien, franchement? «Vous ne le saurez pas.» Chelsea - Manchester, en finale de la Ligue des champions, vaudrait cependant «entre 1500 et 2500 euros», parce que «c'est introuvable» et «qu'il y a des gens qui achèteront à ce prix-là». Mais il n'aime «pas trop» parler d'argent. Alors il s'arrête là. «Bonne journée et au revoir.»

Il n'a pas raccroché. «Je ne peux pas vous dire combien je gagne, je ne fais pas vraiment de calculs. C'est un job qui me permet simplement de bouger et de voir des événements gratuitement. A la base de ma démarche, il y a la passion. C'est ça, le truc.» Il reconnaît le «sport business». Qu'il n'est «rien du tout si l'on compare aux fortunes brassées dans le sport moderne». S'adapte «au prix du marché». Entretient des relations d'affaires avec une clientèle «pas vraiment privilégiée, ce sont les gens passionnés qui sont prêts à mettre le prix». Ne reçoit pas d'insultes, «jamais». Parce qu'il «rend service» et que, cette fois, il a vraiment raccroché.

En route pour voir Madonna

Il était sur la route qui mène à Paris, pour livrer sa «marchandise» au concert privé de Madonna à l'Olympia. Mais il y avait beaucoup de tunnels, et des problèmes de connexion, forcément. Il était pourtant l'ultime recours du fanatique aux relations de comptoir, lequel, après tout, avec des fréquentations mieux choisies, aurait enlevé l'une des 13175 places accordées à la «grande famille» du football de salon pour le match d'ouverture de l'Euro 2008.