Toujours amical, cependant laconique, la voix inhabituellement caverneuse. «J'ai du monde dans mon bureau, je ne puis te parler maintenant. Pour l'heure, rien n'a bougé, mais je ne sais pas ce qu'on va faire…»

Paroles express de Christian Constantin, président omnipotent du FC Sion, hier en fin d'après-midi. Du monde dans son bureau: le comité directeur du club en réunion de crise, ou… Marco Schällibaum en face-à-face, histoire de lui signifier son échec par un renvoi prématuré? Ce qui ferait de son éventuel successeur le 20e entraîneur des deux ères Constantin!

En tout cas, le scénario flotte dans l'air du temps. «Schälli en sursis», titrait Le Matin dimanche suite à la défaite des Valaisans à Bâle (1-3). Et le SonntagsBlick de poser la question directe: «La «der» de Schälli?»

Il est vrai qu'au Parc Saint-Jacques, une semaine après avoir été balayée en 8e de finale de la Coupe par Young Boys (0-3), la troupe rouge et blanche a de nouveau fauté. Moins en s'inclinant qu'en encaissant un but à la 12e seconde (!), puis un autre à la demi-heure. Match plié sans sursaut, de piteuse manière.

Constantin a dit, dans la presse dominicale: «Tu peux perdre à Bâle, mais pas comme ça.» Et encore: «J'ignore ce qu'il [le coach] cherche en multipliant les changements dans son équipe de base.» Voilà qui sent l'odeur âcre de la poudre.

Trois points de retard

En 43 jours de règne, Marco Schällibaum présente un bilan de trois revers en six matches. Dont cette fichue élimination de la Coupe de Suisse, fleuron quasi exclusif du FC Sion. A l'inverse, aucune situation rédhibitoire en championnat: les Sédunois ne naviguent qu'à trois encablures du leader zurichois. Evidemment, si la spirale négative continue…

Dans les tribunes, certains fans se sont mis à réclamer le retour de Nestor Clausen. Le mentor argentin avait claqué la porte de façon abrupte, sans doute parce que le président se mêlait trop des affaires de l'équipe à son gré.

Meneur d'hommes patenté à YB, Marco Schällibaum n'a pas connu de franc succès comme tacticien. Son dernier contrat, à Concordia Bâle, n'avait pas été renouvelé.

L'Europe à tout prix

Quant aux vicissitudes subies au Servette FC, sous la direction péremptoire de Marc Roger, on n'y prêtera pas trop d'attention. «J'ai beaucoup souffert. A mon licenciement [fin août 2004], j'ai ressenti du dégoût envers le milieu», avouait-il dans les colonnes du Temps le 16 octobre 2006, à l'instant de s'installer aux commandes valaisannes.

Il ajoutait: «Quand on aime ce boulot, on ne peut se passer du terrain. C'est magnifique de retrouver tout ça […] Ce métier est extraordinaire parce qu'il n'y a jamais un jour comme un autre. Mais il faut être très solide mentalement.» Pour sûr.

Aujourd'hui, «Schälli» se retrouve sur le fil du rasoir. On sait que Constantin veut absolument que son club soit européen la saison prochaine. La Coupe à vau-l'eau, reste le titre de champion ou un podium synonyme d'UEFA.

A Tourbillon, «CC» le régisseur va-t-il tourner un nouvel épisode du sitcom des entraîneurs?