Football

Marco Streller: «Manchester City, c’est ce qui se fait de mieux»

Le FC Bâle rencontrera le Manchester City de Pep Guardiola en huitièmes de finale de la Ligue des champions. Match aller le 13 février au Parc Saint-Jacques, retour le 7 mars à l’Etihad Stadium

La neige a retardé l’arrivée à Nyon des deux émissaires du FC Bâle, le directeur sportif Marco Streller et le président délégué Jean-Paul Brigger. Parvenus parmi les derniers au siège de l’UEFA, où se tenait le tirage au sort des huitièmes de finale de la Ligue des champions, les deux Bâlois ont rapidement été servis. Très vite, la main de l’ancien milieu de terrain Xavi Alonso leur a offert Manchester City. Pas moins que la meilleure équipe actuelle en Europe.

De quoi être pris de vertige. Manchester City est, avec le Paris Saint-Germain (qui a hérité, lui, du Real Madrid…), l’un des nouveaux riches du football européen. Rachetés en 2008 par un fonds d’investissement d’Abu Dhabi, les Sky Blues sont techniquement en mains espagnoles, et même catalanes, depuis un an et demi. Arrivé à l’été 2016, Pep Guardiola a eu carte blanche pour bâtir une équipe idéale, synthèse des préceptes du Barça adaptés au contexte très particulier de la Premier League.

Ce fut long (une première saison un peu décevante), ce fut cher (244 millions d’euros dépensés en transferts cet été, 231 millions l’an dernier), mais depuis quatre mois, le résultat est exceptionnel: 14 victoires consécutives en Premier League, 11 points d’avance sur Manchester United. Et surtout un jeu enthousiasmant, à la fois très direct et construit.

C’est cette formidable machine qu’affrontera le FC Bâle, d’abord le 13 février au Parc Saint-Jacques puis le 7 mars à Manchester. «Nous devrons faire attention, Bâle mérite d’être à ce niveau», soulignait le directeur technique des Citizens, Txiki Begiristain, dans la zone mixte dressée dans les sous-sols de l’UEFA. Non loin, un peu groggy, quand même le sourire aux lèvres, son homologue bâlois Marco Streller se confiait au Temps.

Le Temps: Lorsque le nom de Manchester City est apparu, quel sentiment l’a emporté: la déception d’une qualification compromise ou la fierté d’une superbe affiche?

Marco Streller: Les deux sentiments sont un peu entremêlés, mais nous sommes quand même contents de pouvoir jouer contre Manchester City. C’était l’un des clubs que nous n’avions encore jamais affrontés et c’est la plus belle équipe en Europe actuellement. Nous sommes seulement le FC Bâle et nous sommes en huitièmes de finale de la Ligue des champions; tous les tirages auraient été difficiles pour nous. Alors, tant qu’à faire, autant prendre le plus beau, même si c’est aussi le plus dur.

Manchester City sera bien évidemment favori, il l’est aussi pour la victoire finale. C’est de très loin la meilleure équipe d’un championnat, la Premier League, qui compte cinq représentants en huitièmes de finale. Le football que propose Pep Guardiola est incroyable.

Dimanche, City a battu Manchester United (2-1). Mais vous aussi, en phase de poule (1-0)…

(Rires.) Oui, c’est vrai… On va jouer notre chance à fond mais, franchement, ça n’est pas comparable. J’ai regardé leur match dimanche à la télévision et leur première mi-temps a été exceptionnelle. Ils ont la vitesse, la technique, la confiance, le collectif. Il a fallu un an pour que les joueurs comprennent et assimilent le football de Pep Guardiola, mais maintenant c’est au point et c’est très impressionnant.

Bâle a encore un match de championnat dimanche avant une longue pause hivernale. Vous ne reprendrez le championnat que le 3 février, dix jours avant le match aller. De son côté, Manchester City ne s’arrêtera pas pendant les Fêtes. Quelle équipe cela va-t-il avantager?

Ecoutez, franchement, je ne pense pas que cela aura une incidence sur le rapport de force. Bien sûr, cette longue pause est un problème pour nous mais même sans ça, City aurait été en position de force. Les clubs anglais jouent beaucoup durant l’hiver et c’est vrai qu’ils le paient parfois, mais plutôt en fin de saison qu’au début du printemps. En plus, si Manchester City conserve son avance en Premier League, il pourra faire tourner son effectif.

La trêve tombe mal pour le FC Bâle qui revient très fort après un début de saison difficile.

Il y avait beaucoup de nouveautés en même temps cet été: un nouvel entraîneur, un nouvel encadrement, pas mal de jeunes joueurs. Mais maintenant, tout tourne à plein régime. La semaine dernière, nous avions sept points de retard sur Young Boys et aujourd’hui seulement deux. C’est vrai qu’il est un peu dommage de s’arrêter maintenant.


Le tirage au sort

Juventus de Turin – Tottenham Hotspur

FC Bâle – Manchester City

FC Porto – Liverpool FC

FC Séville – Manchester United

Real Madrid – PSG

Shakhtar Donetsk – AS Roma

Chelsea – FC Barcelone

Bayern Munich – Besiktas Istanbul

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