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L’Allemand Marcus Ehning sur son cheval bien nommé «Prêt à tout».
© Christophe Bricot / DPPI

Équitation

Marcus Ehning sacré à Aix-la-Chapelle

L’Allemand remporte le Grand Prix Rolex, le concours le plus prestigieux de la saison. Steve Guerdat ne démérite pas mais se classe cinquième

Aix-la-Chapelle n’est pas que l’ancienne capitale de l’Empire carolingien. La ville la plus occidentale d’Allemagne est toujours le centre du monde de l’équitation. Une fois l’an, lorsque vient le CHIO d’Aachen, c’est la fête du cheval. Une fête qui dure six jours, attire des centaines de milliers de spectateurs et organise des dizaines des compétitions dans toutes les disciplines équestres. Deux se distinguent nettement: la Coupe des nations jeudi, et le Grand Prix Rolex dimanche après-midi. Les deux ont été remportées par l’Allemand Marcus Ehning.

Marcus Ehning n’a pas l’allure de jeune homme bien éduqué qu’arborent la plupart de ses adversaires. Il semble plus farouche, ses traits sont plus durs, ses gestes ont quelque chose de la rudesse paysanne. A 44 ans, c’est un cavalier très expérimenté qui a remporté tous les titres, national, européen, mondial, olympique. «L’homme aux dix médailles d’or» a déjà triomphé ici, en 2006. Il ne rêvait depuis que de récidiver.

Le Wimbledon des cavaliers

Comme lui, tous les cavaliers espèrent se retrouver un jour sur la pelouse de l’immense piste de la Soers et brandir l’élégante coupe d’argent devant 40 000 spectateurs, 40 000 connaisseurs. C’est leur Wimbledon à eux, leur Maracanã. Steve Guerdat n’était pas le dernier à rêver de victoire. En amoureux de son sport autant que des chevaux, le Jurassien attendait ce moment avec impatience. «La plus mythique des semaines pour les sports équestres commence aujourd’hui», tweetait-il mardi. Mercredi, il prenait la sixième place du Prix de l’Europe, remporté par le Suédois Henrik von Eckermann. Un bon galop d’essai pour sa jument Bianca.

Silence quasi religieux dans les tribunes

Dimanche, le duo s’élance en quarantième et dernière position. Silence quasi religieux dans les tribunes. La jument, concentré de puissance et de légèreté, passe les obstacles avec une aisance déconcertante. Sans-faute, avec le cinquième temps. Steve Guerdat se qualifie aisément pour le second tour, qui réunit les 18 meilleurs. Onze ont réussi un sans-faute, dont l’autre Suisse, Werner Muff, sur Daimler.

Le deuxième parcours est plus court (15 obstacles), plus nerveux, plus sélectif. Van Eckermann et le Canadien Eric Lamaze sont les premières victimes de choix. L’Irlandais Darragh Kenny et Babalou sont les premiers à réussir un double sans-faute. Ils sont immédiatement imités par le Brésilien Pedro Veniss, sur Quabri de l’Isle. L’Américain Devin Ryan – trois sans-fautes entre le GP des nations et le premier tour – semble parti pour les imiter mais Eddie Blue fait tomber la dernière barre. Werner Muff échoue sur le deuxième obstacle du triple puis perd le rythme (12 points, 15e rang final).

Arrive Marcus Ehning, sur le bien nommé Prêt à tout. L’Allemand fonce sans une hésitation: aucune faute et le meilleur temps (71''33), qui sonne comme un avertissement en prévision du second barrage. Steve Guerdat lui succède, il gère un peu plus et se qualifie sans problème. Le public espère un second Allemand en barrage, mais Philipp Weishaupt puis Maurice Tebbel échouent de justesse. L’erreur de Tebbel sur la dernière barre fait rasseoir d’un coup toute une tribune. Ils ne sont au final que cinq rescapés, puisque l’épatante Portugaise Luciana Diniz, montant Fit for Fun, s’est qualifiée entre les deux Allemands.

Ballet des garçons de piste

Nouvelle pause, nouveau ballet des garçons de piste et nouveau parcours: 8 obstacles, plus de triple, seulement un double à négocier et un oxer géant. L’ordre de passage est inchangé. Darragh Kenny s’élimine très vite (trois barres) puis Pedro Veniss signe le premier sans-faute en 41''62. Son temps de référence est tout de suite enfoncé par Marcus Ehning qui boucle le parcours sans erreur en 38''34. Derrière, Steve Guerdat a compris. Il met les gaz, beaucoup de puissance, presque trop. Bianca survole le premier obstacle d’un bon mètre. Sur le troisième, elle semble suspendue au-dessus de l’oxer rouge. Trop de hauteur, pas assez de longueur; une barre tombe. Déréglé, le duo commet deux autres erreurs qui les repoussent au cinquième rang final.

Reste Luciana Diniz. La Portugaise réalise un troisième sans-faute mais dans un chrono un peu inférieur (40''96). Elle s’efforce de sourire mais se retient de pleurer. Ehning tire sur sa clope en revenant sur la piste, étreint furtivement les corps qui s’élancent vers lui, les yeux embués. Il vient de remporter le Grand Prix Rolex d’Aix-la-Chapelle et c’est aussi fort que la première fois.

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