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Tennis - WTA - Rome Open - Maria Sharapova of Russia v Mirjana Lucic-Baroni of Croatia - Rome, Italy - 16/5/17- Sharapova reacts during the match. REUTERS/Max Rossi

Tennis

Maria Sharapova, la VIP devenue indésirable

Malgré un insistant lobbying en coulisses, la Russe n’a pas reçu d’invitation pour Roland-Garros. Le tournoi perd une star de plus mais garde sa ligne de conduite

Le président de la Fédération française de tennis (FFT), Bernard Giudicelli, a annoncé mardi en fin de journée, en direct sur Facebook, avoir refusé à Maria Sharapova l’invitation aux qualifications ou dans le tableau final de Roland-Garros et s’en être expliqué auprès d’elle. «Je lui ai dit que personne ne peut la priver des titres qu’elle a obtenus mais qu’aujourd’hui, je ne peux pas lui accorder la wild card qu’elle m’a demandée», a expliqué Bernard Giudicelli.

Après le forfait de Roger Federer lundi, et celui de Serena Williams, enceinte, c’est une troisième star du tennis mondial qui manquera à l’appel à partir du 28 mai sur la terre battue parisienne. Maria Sharapova, vainqueur en 2012 et 2014, figurait au deuxième rang des favorites du tournoi chez les parieurs britanniques. Elle aurait aussi été l’attraction principale d’un circuit féminin en manque de joueuses connues du grand public, particulièrement depuis la mise en retrait de Serena Williams. Lundi, l’Association des joueuses professionnelles (WTA) s’est sentie obligée de rappeler par un mailing à la presse que l’Allemande Angelique Kerber était la nouvelle numéro un mondiale.

Le billet de l’un de nos blogueurs: Maria Sharapova à Roland-Garros, avec quelle légitimité?

Une décision cohérente

«Je sais que beaucoup de personnes peuvent être déçues, mais le tournoi investit beaucoup dans la lutte contre le dopage et il ne pouvait pas être concevable de prendre une décision qui [y] aurait contrevenu», a justifié Bernard Giudicelli, pourtant conscient des «attentes des fans, des diffuseurs et des partenaires».

Maria Sharapova avait été contrôlée positive au Meldonium en 2016 et suspendue quinze mois, après avoir fait appel et obtenu en partie gain de cause devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). La justice sportive avait reconnu qu’elle n’avait pas l’intention de se doper, tout en condamnant son infraction à la réglementation antidopage.

L’année passée, au moment de l’affaire: Maria Sharapova, victime ou coupable?

Repartie tout en bas de l’échelle du tennis mondial, Sharapova avait obtenu des invitations aux tournois de Stuttgart, Madrid et Rome. En Allemagne, pour son retour à la compétition fin avril, elle a atteint la demi-finale. Ses résultats lui ont depuis permis d’atteindre un classement suffisant pour participer aux qualifications du tournoi de Wimbledon. Mais à la date limite pour l’inscription aux qualifications de Roland-Garros, elle n’avait pas encore atteint le rang nécessaire.

Campagne de lobbying

Elle avait néanmoins entamé une campagne pour obtenir l’invitation à Paris, son tournoi favori. En citant en boucle les paragraphes 100 et 101 de la décision du TAS, reconnaissant que la joueuse avait pris du meldonium de bonne foi, sans être correctement informée de son passage sur la liste des produits interdits; en donnant plus d’interviews qu’auparavant, notamment au Parisien Magazine; en conviant Bernard Giudicelli, nouvellement élu, dans sa villa californienne.

La WTA, circuit privé distinct de la fédération internationale et qui organise l’élite du tennis féminin, avait accueilli avec beaucoup de bienveillance le retour à la compétition de la Russe et incité à mots couverts le Grand Chelem parisien à inviter une joueuse essentielle à la bonne santé financière du circuit.

«Je ne vous cache pas que le président et moi-même recevons parfois des coups de téléphone ou des petits messages de certains ou certaines qui essaient d’influencer ce choix», s’était amusé Guy Forget, directeur du tournoi, lors de la conférence de presse de présentation de Roland-Garros 2017.

«Retrouver seule la force de revenir»

La FFT s’est pourtant affichée imperméable aux pressions: «S’il peut y avoir une wild card pour le retour de blessure, il ne peut en être de même pour un retour de dopage. Il appartient à Maria de retrouver seule la force qui lui faudra pour retrouver des titres majeurs, sans rien devoir à personne», a affirmé Bernard Giudicelli.

La solution d’une invitation aux qualifications du tournoi de la porte d’Auteuil aurait été celle d’un compromis entre les impératifs économiques et un respect relatif de l’éthique. Mais l’opposition était forte, notamment chez les joueuses françaises, contre un quelconque coup de pouce à une joueuse peu appréciée sur le circuit.

Maria Sharapova disputait cette semaine le tournoi de Rome. Blessée à la cuisse gauche, elle a abandonné mardi au deuxième tour face à Mirjana Lucic-Baroni (6-4, 3-6, 1-2 ab.). Sa blessure l’a dispensée de se présenter en salle de presse.

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