Sport-handicap

Marieke Vervoort, échappée de sa souffrance

La championne paralympique belge a eu recours à une euthanasie à l’âge de 40 ans. Les douleurs causées par sa «tétraplégie progressive» étaient devenues insupportables

En décembre prochain, un documentaire consacré à la vie de Marieke Vervoort sera présenté à New York. L’ancienne championne paralympique belge se réjouissait d’y assister, mais elle a renoncé. Ses douleurs étaient devenues insupportables. Elle est décédée mardi en ayant recours à l’euthanasie, à l’âge de 40 ans, ainsi que l’a annoncé le bourgmestre de Diest, la ville où elle résidait en Flandre. Ses funérailles seront célébrées dans l’intimité.

Cela faisait longtemps que «Wielemie» (son surnom), atteinte d’une maladie rare lui paralysant les jambes, se préparait à cette échéance. Elle avait elle-même dévoilé à la presse en 2016, au bout de ses derniers Jeux, à Rio, avoir déjà entrepris les démarches nécessaires pour recourir à une telle pratique en cas d’aggravation de ses souffrances. L’euthanasie est autorisée et encadrée par la loi en Belgique.

En juillet, l’athlète aux cheveux platine coupés en brosse a partagé une vidéo dans laquelle elle expliquait traverser une période très difficile. «Ma douleur n’est pas juste. Personne ne devrait vivre cela. Depuis samedi après-midi, j’ai commencé à souffrir énormément. Je n’en peux plus. Je ne peux rien faire. Il faut que ça cesse. Quand est-ce que tout ira bien? Quand est-ce que ça s’arrêtera enfin?» Elle s’est finalement résolue à répondre de manière tragique et définitive à cette dernière question.

Diversité sportive

Marieke Vervoort avait 14 ans quand sa «tétraplégie progressive» s’est déclarée. Son adolescence a été rythmée de rendez-vous «d’un docteur à un autre, qui ne savaient pas ce que j’avais et m’annonçaient de mauvaises nouvelles», avait-elle expliqué. Elle a par la suite consacré son corps blessé au sport dans toute sa diversité et avec un franc succès. Elle a d’abord pratiqué le basket en fauteuil roulant, puis la natation, ce qui l’a menée au triathlon, ainsi que l’a rappelé l’agence de presse Belga.

Elle est devenue championne du monde de paratriathlon en 2006 et l’année suivante, en octobre 2007, elle a réalisé un de ses rêves en disputant l’une des épreuves les plus mythiques du monde, l’Ironman d’Hawaï. Lorsque cette discipline est devenue trop exigeante pour ses capacités physiques, elle s’est lancée dans le char à voile puis l’athlétisme, en 2012, ce qui lui a permis de décrocher la médaille d’or du 100 mètres en fauteuil roulant aux Jeux de Londres. Elle a poursuivi ses exploits sur tartan en 2015 avec trois titres de championne du monde (100, 200 et 400 mètres), puis en 2016 avec deux nouveaux podiums paralympiques (argent sur 400 mètres, bronze sur 100 mètres).

Elle savait que sa carrière sportive prendrait fin au Brésil. «Je vois que mon corps continue à se détériorer. Parfois, je souffre tellement que je m’évanouis», témoignait-elle déjà à l’époque dans les médias internationaux, fascinés par son parcours et son courage.

En septembre, Marieke Vervoort a réalisé son dernier souhait en roulant à bord d’une Race Lamborghini Huracan Evolution sur le circuit de Zolder, à côté du pilote Niels Lagrange. «J’ai pu réaliser beaucoup de rêves. Celui-ci est le dernier», déclarait-elle alors.

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