Il paraît que l’on voit toujours émerger un «Cinderella Man» (monsieur Cendrillon) à chaque Open d’Australie. Voici donc un nouveau Croate en train de sa tailler une jolie réputation sur le Circuit, en même temps qu’un costard à sa (grande) taille, 1m98 pour 82 kilos. Marin Cilic, 21 ans, No 14, disputera la demi-finale du bas du tableau masculin contre Andy Murray (No 5). Honneur insigne que le jeune Balkanique a obtenu en écartant successivement de sa route Fabrice Santoro, Bernard Tomic, Stanislas Wawrinka (No 19, LT du 22.01.2010), Juan Martin Del Potro (No 4) et maintenant Andy Roddick (No 7). Contre tous ces adversaires, en particulier les deux plus huppés, Cilic a fait preuve d’une étonnante maîtrise, s’appuyant sur un service lourd et un coup droit qui ne l’est pas moins.

«Pour moi, la clé de la partie résida dans ce set initial qui dura 1h15’ et que j’ai fini par remporter au jeu décisif», analyse-t-il. «Ensuite, malgré la pression mise par Roddick au cours des 3e et 4e manches, je savais que je pouvais le battre.»

De fait, le «A-Rod» nouveau a eu beau faire preuve de ténacité, de talent avec ses incessantes variations de jeu – quels progrès depuis son association avec le coach Larry Stefanki – rien n’a perturbé Marin Cilic. Pas même de se faire remonter de deux sets zéro à deux sets partout. Son break réussi au 4e jeu de la manche ultime le prouve, à l’instant où Roddick, émoussé, ne parvenait plus à remettre la balle en frappant fort et précis. 7-6 (7/4) 6-3 3-6 2-6 6-3 en 3h50’, et le droit d’affronter un «monstre», finale en vue: Cilic tiendra-t-il le choc, mentalement?

Justine Hénin

Question qui ne se pose guère s’agissant de Justine Henin. La revenante belge s’est débarrassée de la puissante Russe Nadia Petrova (No 19), tombeuse de Kim Clijsters, 7-6 (7/3) 7-5. Dans le dernier carré, elle retrouvera… une Chinoise, Jie Zheng (6-1 6-3 face à Maria Kirilenko), avant une potentielle finale en face d’une des «Williams’sisters».

La Wallonne s’est plainte de jouer à 11h du matin, deux jours après avoir été programmée à deux reprises en session de nuit. Elle n’a pas tort, mais à l’évidence du résultat, ce léger inconvénient ne l’a pas trop dérangée.