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Mario Gavranovic, à gauche, lors du Mondial 2014. Il s’était blessé avant le huitième de finale contre l’Argentine et n’a plus été convoqué depuis.

Football

Mario Gavranovic: «Retrouver l’équipe de Suisse, mon grand objectif»

Sacré champion de Croatie avec le NK Rijeka, le buteur Mario Gavranovic jouera la finale de la Coupe ce mercredi pour tenter de réaliser le doublé. Sa saison pleine n’a pas encore suffi à lui rouvrir les portes de la Nati, mais il ne désespère pas

Le NK Rijeka a mis fin à onze années de domination outrancière du Dinamo Zagreb en devenant champion de Croatie, le 21 mai dernier. L’un des grands artisans de ce titre historique est Suisse et se nomme Mario Gavranovic (27 ans), auteur d’un doublé lors du match décisif. Bien intégré sur les rives de l’Adriatique, dans le pays d’origine de ses parents, l’ancien attaquant de Neuchâtel Xamax et du FC Zurich tient la forme de sa vie: il a marqué 16 buts en 33 apparitions cette saison. De quoi nourrir le rêve de rejoindre un grand championnat, et de retrouver l’équipe de Suisse, où il a marqué quatre fois en onze apparitions, la dernière en 2014.

Le Temps: Que représente ce premier titre de l’histoire de Rijeka?

Mario Gavranovic: C’est magnifique. Rijeka attend de vivre ce moment depuis si longtemps. Nous, joueurs, sommes fiers d’écrire l’histoire du club mais aussi de la Croatie. On a fait quelque chose de vraiment incroyable.

– Après trois titres de vice-champions, vous brisez enfin l’hégémonie du Dinamo Zagreb…

– L’année passée, nous étions déjà très proches du Dinamo mais nous n’étions pas encore prêts. Cette saison, on a montré du début à la fin du championnat que l’on était meilleurs, au niveau du jeu proposé notamment. Ce titre est amplement mérité.

– Qu’est-ce qui a fait la différence cette année?

– Tous les joueurs se sont concentrés sur cet objectif du premier titre. Nous avons abordé chaque match avec une mentalité de gagnant et avons ainsi souvent pu faire basculer des matches en notre faveur. L’issue du championnat aurait dû être décidée quelques semaines avant, mais le fait de gagner le titre devant notre public l’a rendu spécial.

– La nuit semble avoir été longue à Rijeka…

– C’était incroyable! Les supporters ont envahi la pelouse. On a réellement pris conscience de ce que représentait ce titre pour les habitants de la ville. Il y avait tellement d’émotion. Cela va rester l’une des meilleures soirées de ma carrière… Et je ne suis pas sûr d’avoir un jour l’opportunité de revivre un moment pareil.

– Rijeka doit beaucoup à deux entrepreneurs – le président Damir Miskovic et l’homme d’affaires italien Gabriele Volpi – qui l’ont sauvé de la faillite en 2012…

– Je ne suivais pas le championnat de Croatie avant de venir y jouer. Mais j’ai entendu que le président a annoncé dès son arrivée en 2012 que le club, qui luttait pour rester dans l’élite, allait être champion cinq ans plus tard. Il a réussi son pari! Chaque année, le club s’en sort financièrement grâce à la vente de ses meilleurs joueurs. Car le centre de formation n’est pas très bon ici, contrairement à celui du Dinamo Zagreb. La direction sportive a fait d’excellents choix pour faire tourner le club sans folie. A Rijeka, aucun joueur n’est au-dessus des autres, il n’y a pas de stars, mais énormément de solidarité.

– Avez-vous relancé votre carrière en Croatie?

– Oui. Et je suis très satisfait de mon choix. Ce titre répond à toutes mes attentes, car c’est pour cela que j’ai signé ici. Depuis mon arrivée à Rijeka, je me sens vraiment bien physiquement et cela se confirme sur le terrain.

– Que vaut le championnat croate par rapport à la Super League?

– Les clubs de bas de tableau n’ont pas beaucoup de qualités. Ils défendent uniquement, jouent en contre et avec des duels physiques souvent très agressifs. En Suisse, même les clubs de fin de classement essaient de jouer au football. On travaille davantage au niveau technique et tactique en Suisse. En revanche, les meilleures équipes croates sont bonnes et rivalisent clairement avec le haut du classement de Super League. De manière générale, le championnat croate est un peu moins bon que le suisse, mais la différence n’est pas si grande.

– Vous jouez ce mercredi 31 mai la finale de la Coupe de Croatie. Une compétition qui doit vous rappeler de bons souvenirs…

– Oui, j’ai toujours eu des bons moments avec la Coupe. J’ai gagné celle d’Allemagne avec Schalke (en 2011) et j’ai marqué un doublé avec Zurich en finale contre Bâle (en 2014, victoire 2-0 en prolongations). Finir la saison avec un doublé serait extraordinaire. Mais ça va être difficile face au Dinamo Zagreb…

– Le Dinamo, c’est l’ogre du championnat croate…

– (Il coupe) Ce qui se passe ici en Croatie, c’est inimaginable en Suisse. Au niveau de l’arbitrage, je peux vous dire qu’on doit vraiment être satisfait en Suisse. Je préfère ne pas trop évoquer le cas du Dinamo, car ce qui est important, c’est le fait d’avoir pu gagner le championnat. Ce que nous ont fait subir les arbitres toute la saison, on préfère l’oublier.

– Le championnat croate, ce sont aussi les derbies adriatiques entre Hajduk Split et Rijeka. En mars passé, un hooligan est entré sur la pelouse muni d’une barre de fer. Avez-vous eu peur?

– Je ne dirais pas que j’ai eu peur, non. On sait que Hajduk a les supporters les plus chauds. Il y a une très grande rivalité mais ça reste dans la norme. Ce cas mis à part, je n’ai pas connu de problème particulier ici. Il paraît que les joueurs de Split ont beaucoup de problèmes avec leurs supporters. Mais pas Rijeka.

– Vous n’avez plus joué en équipe nationale depuis votre blessure – déchirure des ligaments croisés du genou – avant le quart de finale de la Coupe du monde face à l’Argentine en juin 2014. N’avez-vous jamais tiré un trait sur votre carrière internationale?

– Je pense uniquement à faire mon travail. Si un jour je reçois de nouveau une convocation de l’équipe nationale, je serais évidemment très content. Je suis dans la liste provisoire depuis une année maintenant, donc forcément j’y pense toujours. J’espère rejoindre un championnat important la saison prochaine et on verra ensuite.

– Vous sentez-vous oublié par le sélectionneur Vladimir Petkovic?

– Ce n’est pas à moi de faire la sélection. Depuis ma blessure en 2014, ma plus grande motivation a toujours été de retrouver l’équipe de Suisse. Même si je n’ai pas été convoqué lors des derniers et des prochains matches et que je ne n’ai pas eu de contact avec le sélectionneur, je ne vais pas me laisser abattre. Je vais continuer à travailler dur car retrouver le maillot suisse, c’est mon grand objectif.

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