Marion Jones, qui a été entendue par un grand jury fédéral dans le cadre de l'enquête Balco (ndlr: du nom du laboratoire accusé d'avoir fabriqué et fourni des produits dopants à de nombreux athlètes dont la fameuse THG) à l'automne 2003, n'a jamais fait l'objet d'un contrôle positif. Pourtant Victor Conte, le patron du laboratoire californien Balco, a affirmé sur la chaîne américaine ABC, que la quintuple médaillée des Jeux olympiques de Sydney s'est bien dopée.

L'athlète américaine a déposé plainte pour diffamation contre Victor Conte et réclame 25 millions de dollars (18,7 millions d'euros) de dommages et intérêts, a-t-on appris hier de source judiciaire.

La plainte a été déposée devant un tribunal de San Francisco. Elle accuse Victor Conte d'avoir «diffamé Jones avec intention de nuire» et de «porter atteinte à l'honneur et à la réputation de la meilleure athlète féminine de tous les temps». Elle ajoute que les accusations de Victor Conte «sont motivées par vendetta, intérêt personnel et rancune de longue date».

Dans un entretien lors de l'émission 20/20 diffusée le 3 décembre par ABC, le fondateur et patron de Balco a accusé Marion Jones, qui a remporté cinq médailles – trois d'or et deux de bronze –,lors des Jeux olympiques de Sydney en 2000, de s'être dopée avant cette compétition.

Victor Conte, accusé de distribution de produits dopants à des sportifs de renom, affirme avoir fourni Marion Jones d'août 2000 à septembre 2001 en produits dopants, citant l'EPO (érythropoïétine), les hormones de croissance, l'insuline et le «clear», une forme de THG (tétrahydrogestrinone). Il lui aurait également montré comment les utiliser et l'aurait vue se faire des injections dans une jambe: «Elle s'est fait une injection alors que j'étais assis à ses côtés, là, devant moi», avait déclaré Conte sur ABC.

«J'ai demandé à mes avocats d'étudier scrupuleusement la possibilité de poursuivre Victor Conte pour diffamation», avait aussitôt réagi Marion Jones, 29 ans. «Les allégations de Victor Conte me concernant sont fausses et la vérité sera faite au moment opportun», avait-t-elle affirmé.

Les avocats représentant Marion Jones, qui demandent que Victor Conte se soumette au détecteur de mensonges, affirment que ce dernier cherche «à renvendiquer tous les succès passés de Marion Jones, affirmant faussement que les cinq médailles de Marion Jones aux JO étaient le produit de son régime de dopage illégal, et non le résultat du vrai talent de l'athlète».

Mais le patron de Balco maintient ses accusations. Dans un mail envoyé à l'agence américaine Associated Press, il déclare: «J'attends avec confiance les débats au Tribunal de San Franciso et je maintiens ce que j'ai dit lors de l'émission 20/20.»

Bien que soupçonnée, Marion Jones n'a jamais fait l'objet d'un contrôle positif. Son avocat indique qu'elle a passé 160 tests antidopage, dont cinq pendant les JO de Sydney et «n'a jamais pris de produits interdits améliorant les performances».