Les paysages de la Thaïlande tranchent assez radicalement avec ceux des montagnes valaisannes. C’est pourtant en Asie que se tiendra, en mai prochain, le congrès de la Fédération internationale de ski pour désigner la station qui organisera les Championnats du monde 2025. La station de Crans-Montana est candidate. C’est marqué sur le dernier saut de la piste du Mont-Lachaux, c’est crié au micro par le speaker des épreuves de Coupe du monde qui se déroulent jusqu’à dimanche et cela réjouit d’avance Marius Robyr, patron de l’organisation, qui promène son anorak rouge et son tutoiement immédiat aux quatre coins de la zone d’arrivée. Il passe son téléphone en mode silencieux pour faire le point sur la situation.

Le Temps: Comment se présente le vote du 21 mai? Allez-vous obtenir ces Mondiaux 2025?

Marius Robyr: Il faut savoir que nous faisons face à deux candidatures excellentes. Celle des Allemands de Garmisch-Partenkirchen, et celle des Autrichiens de Saalbach-Hinterglemm. Ces derniers se présentent pour la deuxième fois, après avoir perdu face à Courchevel et Méribel pour l’édition 2023, donc il faut être honnête: ils partent avec une longueur d’avance. Mais nous allons nous battre! Il faut savoir que Crans-Montana compte désormais parmi les classiques de la Coupe du monde féminine, alors nous nous sommes dit qu’il était temps de passer à la vitesse supérieure. Et le dossier que nous avons déposé pour organiser les Mondiaux a été qualifié de remarquable par les experts. Nous organiserons un magnifique événement.

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Et si vous n’avez pas gain de cause…

Alors nous repartirons en course pour 2027. Nous l’avons déjà fait savoir.

Les Jeux olympiques d’hiver connaissent une crise des candidatures en Europe occidentale. Les Mondiaux de ski, par contre, semblent s’arracher. Pourquoi?

Avec les Jeux, les gens ont peur du gigantisme. Au contraire, les Championnats du monde de ski sont totalement à la portée d’une station comme Crans-Montana et d’une région comme le Valais. Nous avons tout ce qu’il faut pour les assumer. Et en conséquence, le soutien de la population est total. Nous avons organisé des séances d’information et personne n’est venu me dire que ce n’était pas une bonne idée. Au contraire. On nous encourage à foncer! Les gens veulent revivre les émotions de 1987, quand les Suisses avaient décroché 14 médailles lors des derniers Mondiaux que nous avons organisés.

Cette année, le ski suisse est d’ailleurs de retour au sommet, devant l’Autriche, au classement de la Coupe des nations.

C’est pourquoi le moment est idéal. Chez les garçons comme chez les filles, cela marche fort, cela recrée un engouement autour du ski alpin. C’est la condition pour des Mondiaux réussis. En 1987, nous avions enregistré 32 000 entrées payantes pour la descente masculine.

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Serait-ce encore possible aujourd’hui, alors que le ski perd des adeptes?

Venez un week-end sur les pistes de Crans-Montana. Je n’y ai jamais vu autant de monde, y compris des jeunes. J’ai l’impression qu’il se passe quelque chose. Tenez, je suis convaincu que ce week-end, nous aurons beaucoup de spectateurs pour nos épreuves de Coupe du monde.

Quel défi aurez-vous à relever pour organiser les Mondiaux?

Le principal, c’est de convaincre les 17 personnes qui votent. Attention, derrière, nous aurons du travail, car nous allons totalement revoir notre stade d’arrivée, par exemple. Mais tout ce qui sera entrepris servira sur le long terme, pas que pour les Mondiaux.