La 3e étape du Tour d’Italie s’est achevée par une chute spectaculaire lors d’un sprint massif à Horsens (Dan). Grand favori, le Britannique Mark Cavendish (Sky) a été fauché à pleine vitesse à moins de 150 mètres de la ligne, laissant la victoire à l’Australien Matt Goss (GreenEdge). Cavendish a été projeté violemment à terre à cause d’un changement de direction inopiné de l’Italien Roberto Ferrari, qui s’est déporté brusquement sur la droite de la chaussée et a coupé la trajectoire du champion du monde. Le Britannique, touché sur le côté gauche, le maillot déchiré au niveau de l’épaule gauche, est reparti le vélo juché sur l’autre épaule.

Derrière lui, plusieurs coureurs se sont retrouvés à terre, notamment le porteur du maillot rose, Taylor Phinney, qui est resté plusieurs minutes au sol. Le coureur de BMC s’est fait soigner ensuite dans l’une des ambulances de la course avant de monter sur le podium protocolaire. Le jeune Américain, la cheville droite entourée d’une poche de glace, a tenu à faire bonne figure tout en reconnaissant être préoccupé. «Il n’a rien de cassé apparemment mais il devra se faire poser des points de suture», a déclaré le responsable de la formation américano-suisse, Jim Ochowicz. «Heureusement, demain (mardi), c’est tranquille», a soupiré Phinney avant de s’en aller prendre l’avion en direction de Vérone (It), où la course rose doit observer mardi sa première journée de repos.

«Je ne savais pas...»

«Dans un sprint, je regarde devant», s’est justifié à chaud l’Italien Roberto Ferrari, à l’origine de la chute de Mark Cavendish. Son manager d’équipe, Gianni Savio, a présenté sans attendre ses excuses auprès de Cavendish. Interrogé aussitôt après l’arrivée, Ferrari a semblé étonné de se voir reprocher le changement de cap qu’il a opéré dans le sprint. «J’étais en quatrième position quand Farrar s’est lancé, j’ai simplement cherché l’ouverture pour disputer mon sprint», a expliqué le coureur de l’équipe Androni.

«J’ai juste pensé que j’avais déchaussé, je ne savais pas que j’avais provoqué la chute. Je n’avais pas idée de qui se trouvait derrière moi. J’étais à l’avant et j’ai suivi ma trajectoire. Dans un sprint, je regarde devant, je ne m’occupe pas de ceux qui sont derrière», a ajouté l’Italien, vainqueur en début de saison de deux manches de la Coupe de France, la Route Adélie et la Flèche d’Emeraude. Par la suite, Gianni Savio a annoncé que son coureur s’était excusé d’un comportement que le manager de l’équipe italienne a qualifié d’»incorrect mais non intentionnel»: «Il n’avait pas l’intention de faire tomber Cavendish !»