La Ligue nationale de hockey (NHL) a fêté cette saison son 100e anniversaire, mais la Coupe Stanley existe depuis 125 ans! C’est le trophée le plus difficile à remporter du sport nord-américain. Les play-off durent plus de deux mois après le championnat régulier, et le gagnant doit remporter 16 victoires et éliminer quatre aspirants en route pour le titre. A ce jour, huit formations de NHL, dont Nashville le finaliste malheureux cette saison, n’ont toujours aucun titre à leur palmarès et quatre n’ont jamais atteint la finale.

Dimanche 11 juin, les Pittsburgh Penguins ont été couronnés champions pour la deuxième année consécutive suite à une victoire durement arrachée contre les Nashville Predators (2-0). Alors que les Penguins sont menés par le légendaire Sidney Crosby, déjà l’un des joueurs les plus décorés dans l’histoire du hockey à l’âge de 29 ans, il ne faut surtout pas oublier la présence et les contributions importantes de Mark Streit, le vétéran de 39 ans natif d’Englisberg.

Douze ans de patience

Mark Streit a dû attendre 12 saisons avant d’atteindre la finale de la Coupe Stanley, et ce fait illustre clairement le défi énorme auquel fait face chaque équipe du circuit. C’est souvent le club ayant le plus de profondeur en termes de joueurs et étant construit sur mesure pour survivre à ce parcours du combattant qui mène au titre. Alors que Pittsburg possède une formation débordant de talents à chaque position, c’est largement grâce à des guerriers comme Mark Streit qu’ils ont pu avancer en play-off sans la moitié de leur effectif défensif.

Avec l’exception d’un bref passage en Amérique du Nord en 1999, Streit s’est développé comme joueur durant une décennie en Suisse, évoluant pour HC Fribourg-Gottéron, HC Davos et Zurich avant d’entamer sa carrière en NHL avec les Canadiens de Montréal en 2005. En fait, il se retrouva dans une position plutôt rare en débutant dans la ligue à l’âge avancé de 28 ans. Streit passa trois saisons productives à Montréal, s’établissant par la suite comme un défenseur de premier plan capable de mener l’attaque avec les New York Islanders de 2008 à 2013, qu’il quitta en juillet 2013 pour parapher un contrat de quatre ans, d’une valeur de 21 millions de dollars, avec les Philadelphia Flyers.

Une place au soleil

Au fil des saisons, le Bernois développa une réputation de défenseur offensif sur lequel on pouvait s’appuyer plus de vingt minutes par match pour affronter les meilleurs joueurs de l’équipe adverse. En mars dernier, à quelques heures de la date limite des transferts, les Flyers l’échangeaient au Tampa Bay Lightning – qui l’envoyait immédiatement à Pittsburgh. Là, suite aux nombreuses blessures qui ont touché la défense des Penguins, Streit a été aligné dix-neuf fois en saison régulière et trois fois en séries éliminatoires, récoltant deux passes dans ces trois matchs contre Ottawa alors que Trevor Daley et Justin Schultz étaient écartés du jeu. En play-off, il apporta une stabilité et joua le rôle de vétéran.

Le hockey suisse doit beaucoup à Mark Streit. En 2005, année de son arrivée à Montréal, il était le seul Suisse en NHL. Trois ans plus tard, deux autres défenseurs, Luca Sbisa et Yannick Weber l’ont rejoint dans la Ligue. En 2016-2017, quinze joueurs originaires de Suisse ont participé à un moins un match, dont Roman Josi, le leader étoile du groupe de défenseurs à Nashville et Kevin Fiala, l’attaquant recrue et un coéquipier de Josi et Weber. Depuis l’arrivée de Streit dans la NHL, le hockey helvétique est en pleine croissance et de plus en plus de joueurs provenant de Suisse sont repêchés par les clubs de NHL. Au niveau international, l’équipe de Suisse s’élève graduellement vers les sommets à l’image de sa finale au championnat du monde 2013.

Peu importe s’il sera de retour l’an prochain, Mark Streit est désormais champion de la Coupe Stanley, et héros national pour les jeunes espoirs suisses, qui lui doivent énormément pour l’inspiration et l’exemple qu’il est devenu au fil de sa longue carrière.