Martina Hingis pourrait effectuer bientôt son grand retour… en concours hippique. Dans une confession au quotidien L'Equipe, la Saint-Galloise laisse entendre, avec un fatalisme pudique, que son avenir est peut-être ailleurs. «Je ne me suis fixé aucune date pour mon retour. Je vais prendre mon temps. Actuellement, je suis en vacances; je skie et je monte à cheval […] Si je vois que je ne peux plus passer le cap des quarts ou des demi-finales, je pense que je déciderai vite d'arrêter définitivement. Une autre vie commencera. Et puis, il faudra bien que je songe à fonder une famille.»

La petite princesse n'a que 22 ans, sa fortune culmine à quelque 30 millions de dollars; mais ce départ à la sauvette n'aurait rien d'un caprice. Après avoir régné sur le tennis à l'âge des culottes courtes, non sans profiter d'un vide de génération, Martina Hingis ne veut pas y revenir en conquérante de l'inutile. Elle n'aurait rien à retirer d'un combat d'arrière-garde, ou du moins, elle aurait toutes les peines à y donner un sens. «J'ai l'impression que durant mes trois mois de repos forcé, le jeu s'est encore accéléré. Ça n'arrête pas. A force de travail, les joueuses repoussent sans cesse leurs limites», s'inquiétait-elle encore dans L'Equipe.

Les cogneuses en jupettes

Cette question, la Saint-Galloise la ressasse depuis des mois, et les experts également: sa formidable intelligence de jeu est-elle encore de taille, aujourd'hui, à donner le change aux gros bras de la WTA? Crûment dit, Martina Hingis n'est-elle pas devenue anachronique dans ce tennis viril, colonisé par les cogneuses en jupettes? Elle retournera sur les courts chercher une réponse. A moins que, dans son for intérieur, elle ne la connaisse déjà…

A ses états d'âme s'ajoutent des blessures tenaces et un organisme largement sollicité. La petite princesse est cassée, usée, détrônée. Et habitée par des questions existentielles… Eperonnée avec vigueur par une mère stakhanoviste, Martina Hingis n'a jamais caché, lors de son arrivée au firmament, qu'elle ne ferait pas de vieux os sur le circuit. Elle rêvait de promenades à cheval, de sorties, de vacances, d'amourettes. En gros, d'une adolescence qu'elle n'a jamais eue.