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Timea Bacsinszky, à gauche, et Martina Hingis, à droite, sont en quart de finale. (Keystone/Peter Klaunzer)
© PETER KLAUNZER

JO 2016

Martina Hingis et Timea Bacsinszky qualifiées pour les quarts de finale

Vainqueur 6-4 6-4 des Américaines Bethany et Vandeweghe, le double suisse est en quart de finale. Encore une victoire et ce sera presque la médaille

Court N°7, la dernière chance de médaille suisse en tennis ne passionne pas (encore) les foules. Le match se joue à 11h heure locale sur un court excentré qui, s’il n’avait pas les ornements olympiques, semblerait sorti d’un complexe quelconque. Les «ball boys» ont du poil aux pattes ou du bide. Une seule Américaine, venue supporter Bethanie Mattek-Sands et Coco Vandeweghe, fait plus de bruit que la trentaine de Suisses sagement assis avec leur drapeau. «Happy birthday, Federer!», lance un Brésilien. En arrière-fond: d’immenses bâtiments industriels d’où s’échappe le ronflement des climatisations. Pour le glamour, il ne reste que… l’arbitre de chaise (qui possède la voix de Barry White, et un micro pour en jouer) et Martina Hingis.

Vingt ans après une première participation aux Jeux d’Atlanta, l’ex-enfant prodige du tennis féminin est de retour. En double, où son âge (36 ans en septembre) et ses deux retraites passent inaperçus, la Saint-Galloise a gardé intacte cette capacité à sourire et à rendre folles ses adversaires. Son toucher de balle est aussi soyeux que tranchant, son sens tactique confine à l’art de la guerre.

En plus, elle est dans un bon jour au service. «Je crois que c’est même l’un des meilleurs matchs de ma carrière sur ce plan», avouera-t-elle en souriant après la rencontre. Avec de tels arguments, la paire suisse ne pouvait que s’imposer. Ce fut le cas, en 1h23 et deux sets assez serrés (6-4 6-4). Dans le premier, les Suissesses se détachent à 2-2 et conservent leur avance jusqu’au bout sans trop de souci.

Martina Hingis est moins éblouissante dans la deuxième manche. La Suisse a bien une balle de break à 2-2 mais les Américaines s’en sortent et obtiennent trois balles de break sur le jeu suivant. Timea Bacsinszky concède la seconde, heurtant au passage et sans grand ménagement une juge de ligne.

Le jeu puissant des Américaines commence à user Hingis. Il ne faudrait pas que le match s’éternise, écrit-on. Au même moment, sur le court, Timea Bacsinszky dit exactement l’inverse à sa partenaire. «Je l’ai rassurée en lui disant que physiquement, j’allais courir aussi longtemps qu’il le faudrait, qu’elle devait faire sa magie au filet et que j’assurais derrière.»

Le résultat est immédiat: la Suisse refait son break de retard, avec au passage une merveille de point où Hingis enchaîne défense lobée dans l’angle du fond du court, passing long de ligne et volée amortie croisée, réussit un break derrière et conclut sur le jeu de service suivant. Du beau travail. «Il fallait bien ça, observe Martina Hingis, le niveau est élevé, les marges sont faibles.»

Constitué après une série de forfaits, le duo Hingis-Bacsinszky commence à trouver ses marques. «On parle beaucoup, on fait des erreurs mais on communique», souligne la Saint-Galloise. «Le fait d’avoir joué trois sets le premier match nous a finalement fait du bien, nous avons pu nous régler un peu plus», ajoute la Vaudoise.

Désormais bien remise physiquement de sa déception en simple («hier j’ai passé la journée à dormir et à faire des soins tandis que Martina allait voir des compétitions»), Timea Bacsinszky est prête à épauler son aînée dans son rêve olympique. «Cela fait deux ans, depuis mon retour en fait, que je pense à ce moment», rappelle Martina Hingis.

Les voici en quart de finale. Voilà qui remet un peu d’ordre dans un tournoi de tennis qui a déjà perdu Novak Djokovic en simple, les frères Murray et les soeurs Williams en double. L’épreuve olympique se distingue aussi par un côté amateur qui, s’il ne manque pas de charme (les ramasseurs de balles robotisés des grands tournois font presque peur), ne correspond pas vraiment au prestige supposé de la compétition. Dernier exemple en date: la nourriture. «Au village olympique ça va, mais dans le player’s lounge, j’ai filmé ce qui sert de buffet tellement c’est nul, s’exclame Timea Bacsinszky. Pas besoin d’avoir des plats recherchés mais en tennis, où l’on ne sait jamais quand on va jouer, pouvoir manger l’après-midi est un minimum.»

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