La FIFA a également confirmé que le score ne pouvait pas être changé. Les résultats sont donc entérinés: succès français 1-0 à l’aller et match nul 1-1 après prolongations au retour. La Fédération française a pris acte, ne souhaitant pas faire de commentaire. «L’arbitre ne peut revenir sur une décision que s’il réalise que celle-ci n’est pas la bonne ou, à sa discrétion, après avoir consulté un arbitre assistant ou le quatrième officiel, le tout sous réserve que le jeu n’ait pas repris ou que le match ne soit pas terminé», peut-on également lire. Or, le match France – Irlande est allé à son terme.

«C’est un meurtre!»

La Fédération irlandaise, soutenue par son Premier ministre, avait demandé jeudi à rejouer le match. Le président français, Nicolas Sarkozy, a lui refusé de s’associer à cette démarche: «J’ai dit à Brian Cowen combien j’étais désolé pour eux. Mais ne me demandez pas de me substituer à l’arbitre, aux instances du football français, aux instances du football européen».

Giovanni Trapattoni, le sélectionneur italien de l’Irlande, avait reconnu lui-même qu’il était «impossible de rejouer le match». En attendant, ce but a déclenché une polémique planétaire. Premier visé: Thierry Henry, traité de «tricheur, «auteur d’un but scandaleux».

Cette réussite litigieuse a relancé le débat sur l’aide à apporter à l’arbitrage (moyens vidéo ou arbitres supplémentaires sur le terrain). Trapattoni en veut surtout à la FIFA. «Je ne sais pas ce que j’ai fait à Sepp Blatter (ndlr: le président de la FIFA)», que le sélectionneur italien accuse de ne pas vouloir moderniser l’arbitrage. «C’est un meurtre!», s’est-il laissé aller.

En France, cette affaire a provoqué des remous incroyables dans la classe politique. «Je trouve que cela serait bien, dans de telles circonstances, de faire rejouer un match», jugeait vendredi la ministre française de l’Économie, Christine Lagarde.

«Qu’on arrête d’en faire un plat! C’est une faute d’arbitrage favorable. Est-ce la première? La dernière? Certainement pas», avait expliqué jeudi Jean-Pierre Escalettes, président de la Fédération française.

Roy Keane critique ses compatriotes

Ancien capitaine de la sélection irlandaise, Roy Keane a pour sa part regretté les plaintes de ses compatriotes. «L’Irlande a eu ses occasions dans les deux matches et ne les a jamais prises. Mais c’est la réaction habituelle de la FAI (ndlr: la Fédération irlandaise): «Nous avons été volés», a critiqué l’actuel entraîneur d’Ipswich (2e division anglaise).

«Je me souviens d’un match contre la Géorgie, quand l’Irlande a obtenu un penalty sur l’une des pires décisions qui ait jamais changé le cours d’un match. la FAI n’avait pas demandé de rejouer le match», a souligné l’ancien joueur de Manchester United.

«Je serais plus ennuyé par mes défenseurs et mon gardien que par Thierry Henry. Comment peut-on laisser un ballon rebondir dans les 6 mètres? Comment un défenseur peut-il laisser Thierry Henry s’intercaler entre lui et le but? Si la balle est dans les six mètres, où diable est mon gardien?», a provoqué Keane, dont les relations avec la FAI sont tumultueuses, comme en témoigne notamment son éviction du camp d’entraînement de l’Eire avant le début du Mondial 2002.