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«Ce match est peut-être ce dont j’avais besoin»

Roger Federer a eu très chaud vendredi soir. Il était mené deux sets à rien face à Julien Benneteau avant de s’imposer en cinq (4-6, 6-7,6-2,7-6,6-1). Le numéro trois mondial revient sur ce coup de frayeur

Le lendemain du séisme causé par l’élimination du numéro deux mondial Rafael Nadal, le Centre court de Wimbledon a de nouveau tremblé vendredi. Roger Federer s’est retrouvé mené deux sets à rien face à Julien Benneteau avant de remporter le tie-break de quatrième manche et de survoler la cinquième. Confidences à la presse après le match.

Le Temps: Qu’est-ce qui est le instructif pour la suite du tournoi , votre match totalement maîtrisé face à Fognini ou se retrouver le couteau sur la gorge comme ce fut le cas face à Benneteau?

Roger Federer: C’est important d’avoir vécu les deux. Même si l’essentiel est de rester dans le tournoi plus que la manière d’y parvenir. C’est vrai que j’ai fait deux très très bons matches au premier tour. Aujourd’hui, c’était totalement différent. L’adversaire, les conditions de jeu aussi. Jouer indoor sur gazon [le toit était fermé en prévision d’une pluie qui n’est jamais venue] est quelque chose dont on n’a pas l’habitude. Ca a rendu les choses compliquées. Mais ce qui est certain, c’est qu’un match comme celui-ci donne une énorme envie de mieux faire. Je ne me dis pas: « aïe, aïe, aïe, j’étais presque éliminé. La prochaine fois que ce sera serré, ce ne sera pas ma journée. » Au contraire, je me dis que c’est peut-être exactement ce dont j’avais besoin. Je n’ai pas du tout sous-estimé Benneteau. Il a fait un très grand match. Pour moi, ce n’était pas facile. Alors en sortir vainqueur est un très bon feeling. Et le timing, avec deux jours de congé maintenant, ne pourrait être mieux pour moi. Je suis vraiment satisfait de cette première semaine.

– Avez-vous ressenti à un moment la peur de perdre ce match?

– Absolument. C’est quelque chose que tu peux ressentir déjà au premier set quand tu le perds. Tu peux te dire: «aujourd’hui, ce n’est pas journée, ça ne marchera pas». Et après, ce feeling devient plus fort au fur et à mesure que tu te rapproches de la défaite. On n’est pas en béton, on n’est pas des êtres humains sans émotion. Mais dans ces cas-là, tu essaies de vivre au maximum l’instant présent, de rester concentré sur chaque point, de ne pas penser trop loin. Et des dernières minutes, des derniers points, tu essaies de garder les bons choix. C’était clairement difficile. J’ai eu beaucoup de mal pendant les deux premiers sets et au quatrième c’est devenu carrément chaud. Mais je me suis donné à fond pour me donner cette possibilité de rester en vie. C’est comme si au début, j’avais une sorte de black-out, comme si je voyais tout noir et tout à coup ça s’est dégagé.

– Quelle a été la clé pour vous dans ce match?

– Probablement l’expérience. Le fait de m’être souvent retrouvé mené deux sets à rien par le passé et savoir comment gérer ce genre de situations. Etre capable de ne pas paniquer. Avoir été capable à partir du moment où j’ai fait le break dans le troisième set que le match était ouvert, que j’allais être de plus en plus fort. Je savais que le physique ne serait pas un problème. La clé était plus dans le mental. Etre conscient que tu n’as plus droit à la moindre erreur et poursuivre calmement en croyant en toi. Pour cela, j’ai du puiser loin en moi.

– Votre prochain adversaire, c’est Xavier Malisse. Comment jugez-vous son jeu sur gazon?

– C’est sa meilleure surface. C’est un grand joueur avec beaucoup de talent. Il lit très bien le jeu et la géométrie du court. Il a une bonne première balle de service et un jeu de jambe efficace. Tout cela fait de lui un adversaire difficile.

– Quel souvenir gardez-vous de votre dernier match sur herbe contre lui?

– C’était en 2001, c’est ça? Je l’avais battu en cinq sets. On s’est affrontés souvent au fil des ans. C’est un des premiers gars que j’ai affronté dans les tournois juniors. On se connaît bien et je sais à quoi m’attendre.

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