La déception est aussi grande que les espoirs initiaux. Enorme. Ce matin, Fribourg a le blues. Car jeudi soir, Gottéron a subi la loi de Davos dans le sixième match de la demi-finale des play-off (0-3). La finale promise, qui aurait été la quatrième de l’histoire du club et la première depuis quinze ans, s’éloigne sensiblement.

La partie a été serrée, et les Grisons ont inscrit leurs deux dernières réussites dans les dernières secondes, dans une cage désertée par le portier québécois Sébastien Caron. Il n’empêche: Fribourg-Gottéron n’a jamais paru en mesure de remporter le match, balbutiant notamment un hockey stérile lors de longues minutes passées en supériorité numérique. La belle mécanique, fluide, qui est venue à bout des ZSC Lions en quatre matches lors des quarts de finale, est grippée. C’est désormais 3 à 3 dans la série. La dernière manche aura lieu samedi dans la station grisonne. Mais sur la base du spectacle proposée jeudi à Saint-Léonard, on voit mal les Fribourgeois créer un nouvel exploit, après la victoire arrachée à Davos la semaine passée.

L’ambiance était pourtant à la fête. Deux heures avant la rencontre, la foule avait déjà colonisé Saint-Léonard. Les supporters y croyaient, entonnant leurs chants de ralliement. Sur la route de la patinoire, alors qu’il se rendait au match à pied, le défenseur de Gottéron Franco Collenberg avait un petit sourire aux lèvres: «J’aime marcher avant un match, ça m’éveille l’esprit. Ce soir, il faudra que le kop crie comme jamais. Afin de nous aider à sortir Davos.»

Le kop a certes chanté, mais il s’est rapidement crispé. La faute à Dario Bürgler, qui a inscrit la première réussite davosienne à la cinquième minute déjà. La suite de la partie a été un long monologue. Fribourg a dominé, a pressé, s’est créé quelques occasions (tir sur le poteau d’Alain Birmaum à la 38e), mais n’a pas été capable d’inscrire un but, malgré six pénalités mineures infligées à Davos.

La peur de la finale? «L’équipe a joué plus nerveusement que d’habitude. On a manqué de lucidité et du coup on n’a pas pris les bonnes décisions. On a eu des occasions, il a juste manqué ce but qui aurait pu nous libérer», analysera, après la partie, l’entraîner des Fribourgeois, Serge Pelletier. Diagnostic exact. Gottéron a paru fatigué. Les absences d’Andreï Bykov (qui n’est plus apparu après le premier tiers) et de Geoffrey Vauclair ont pesé lourd. Par ailleurs, Marc Chouinard et Kirby Law, les mercenaires choisis en attaque par le coach de Gottéron, ont déçu. Même Sandy Jeannin et Julien Sprunger, les deux vedettes de l’équipe, ont été en retrait, par rapport à leur rendement habituel.

Après le match, les supporters fribourgeois faisaient grise mine. Ils se sont dispersés rapidement. La fête souhaitée par tout un canton n’a pas eu lieu. Sera-ce pour samedi – avec un nouvel exploit de Gottéron à la clé? Les fans en rêvent encore. Mais dans un coin de leur tête, ils savent que cela confine à une mission difficile, voire impossible.