La voile nécessite non seulement du talent, mais aussi un peu de réussite. Et le duo Dominique Wavre – Thomas Coville n'a pas franchement été gâté. Les deux navigateurs ont vécu une dernière partie de course cauchemardesque. Le Breton a perdu son sang-froid à plusieurs reprises, souvent tout près de baisser les bras. Dominique Wavre, lui, en est même arrivé à perdre son calme légendaire. Lors de la vacation téléphonique de mercredi, sa voix traduisait un moral au plus bas et des nerfs à fleur de peau.

«Dominique et Thomas n'ont pas eu de réussite. Ils n'ont connu que des scénarios météo défavorables pour remonter l'Atlantique, remarque Richard Silvani, le météorologue officiel du Vendée Globe. Aux endroits que nous appelons «passages à niveaux», les portes se sont refermées sur eux. Ils ont eu des bulles sans vent là où les autres ont pu passer.»

La météo s'est révélée contraire à toute logique. «Ils ont été en panne d'alizé au niveau du 20e degré de latitude, ce qui est assez rare, poursuit Richard Silvani. Ils ont également eu une bulle anticyclonique avant l'Equateur, suivie d'une nouvelle panne d'alizé, phénomène également peu fréquent. Le passage de l'anticyclone des Açores a été pénible. Et surtout, ils n'ont jamais eu de perturbation pour rejoindre le golfe de Gascogne. A la place, ils ont eu affaire à un énorme blocage anticyclonique.»

Face à cette accumulation de désillusions, Wavre et Coville ont pris leur mal en patience. Et ils sont devenus les meilleurs compagnons de galère.