Le Temps: Le site de Sapporo se situe au niveau de la mer, où la portance de l'air est plus grande qu'à l'accoutumée. Pouvez-vous décrire vos sensations sur ce tremplin?

Simon Ammann: C'est fantastique. J'ai un très bon feeling ici. On peut prendre davantage de hauteur que d'habitude. Le vol est aussi plus lent. Ce sont des conditions qui conviennent parfaitement à ma prise d'élan très inclinée.

- Vous semblez particulièrement apaisé cette saison. Peut-on parler de déclic sur le plan mental?

- En effet. J'ai trouvé le calme nécessaire. Ces dernières années, j'ai travaillé avec un psychologue du sport qui m'a enseigné diverses techniques de relaxation. Après les Jeux de Turin 2006, j'ai senti que j'avais franchi une nouvelle étape, que je n'avais plus besoin d'un suivi régulier. Depuis l'automne passé, je fonctionne de manière autonome.

- Vous avez aussi gagné en régularité...

- C'est vrai, je suis plus constant, mais pas encore autant que je le souhaiterais. Réussir le saut parfait demeure si difficile... Tellement de paramètres entrent en ligne de compte. Cela est vrai pour tous les athlètes. Mais disons qu'aujourd'hui je commence vraiment à profiter de mon expérience.

- Dans quel état d'esprit êtes-vous, à quelques heures du concours?

- En principe, le petit tremplin n'est pas ma spécialité. Je dois composer avec un léger déficit de puissance par rapport aux tout meilleurs, s'agissant de l'impulsion sur la planche. Mais l'écart se réduit... Et, cette année, je me trouve vraiment très fort. J'aborde donc l'échéance de façon extrêmement positive. Comme j'ai déjà gagné un titre mondial, la semaine passée sur le grand tremplin, j'arrive extrêmement relâché. Je me sens libre, sans pression.»