Alain Menu, 38 ans, exercera désormais ses talents de pilote automobile en DTM (Deutsches Tourenwagen Meisterschaft), autrement dit le championnat allemand de Supertourisme. Depuis neuf ans, le Genevois participait au BTCC (British Touring Cars Championship), le pendant anglais du DTM. Une série où il a été titré à deux reprises: en 1997 (Renault) et l'an dernier (Ford). Entretien avec un homme qui est passé à côté d'une carrière de pilote de F1 par manque de moyens financiers.

Le Temps: Pourquoi ce changement de pays et de championnat?

Alain Menu: Je n'étais pas lassé par le BTCC, mais la réglementation de celui-ci a changé et il n'y aura plus, cette année, que six ou sept voitures officielles. En même temps, j'éprouvais le besoin de découvrir autre chose et le DTM – un championnat très coté – s'est offert à moi. J'ai sauté sur l'occasion.

– Pour le compte de quelle structure allez-vous courir?

– L'équipe italienne Euroteam dont je ne sais pas encore grand-chose. Je la découvre cette semaine à Hockenheim où je suis arrivé mardi. Tout ce que je puis dire, c'est que je vais piloter une Opel, une voiture de 2001 construite pour moi. J'aurais pour équipier l'Allemand Hubert Haupt qui sera, lui, au volant d'un modèle 2000. Je me sens comme un gosse qui découvre un nouvel univers ou un nouveau jouet. Il va juste falloir que je me remette à la pratique de la langue allemande.

– Allez-vous quitter l'Angleterre où vous habitez depuis très longtemps pour vous installer en Allemagne?

– Pas cette année. Après, nous verrons en fonction des circonstances (n.d.l.r.: le pilote de Plan-les-Ouates est marié et père de trois enfants) Je suis encore sous contrat avec le team britannique Prodrive jusqu'à la fin 2001. Ce qui pourrait m'amener, en plus du DTM, à disputer d'autres épreuves.

– Combien de courses compte la série DTM?

– Dix, la première ayant lieu le 22 avril à Hockenheim.

– Vous allez notamment avoir un Suisse pour adversaire?

– Oui, Marcel Fässler (n.d.l.r.: Mercedes). C'est amusant dans la mesure où, en 1997, lorsque j'ai remporté le BP Trophy, j'ai remis à Marcel, qui évoluait alors en Formule 3 et que je vois bien finir un jour en F1, les 25 000 francs du prix pour l'aider. Je le connais donc bien.

– Quelles seront vos ambitions cette saison?

– Gagner le championnat bien sûr. Plus sérieusement, il y aura du très beau monde en DTM et, contrairement à la plupart de mes adversaires, je vais devoir découvrir presque tous les circuits, ce qui est un handicap. Je vais en tout cas faire le maximum.