Le Temps: Vous n’étiez pas le même sur le court aujourd’hui que contre Andy Roddick. Que s’est-il passé?

Stanislas Wawrinka: Je suis tombé sur un joueur plus fort que moi. Il a très bien joué aujourd’hui et a su trouver des réponses à tout ce que j’essayais de faire. En faisant cela, il a mis le doute dans mon jeu.

Roger Federer disait que l’expérience jouait beaucoup…

– L’expérience a joué un rôle c’est sûr, mais c’est son niveau de jeu qui a fait la différence.

– Il a fait un bon début de match alors qu’on avait l’impression que, de votre côté, la balle ne sortait pas bien de la raquette?

– C’est vrai que je n’ai pas bien commencé. J’ai eu besoin d’un petit moment d’adaptation en raison des conditions différentes de jour et de nuit. Car je n’avais pas joué une seule fois de jour. J’ai été un petit surpris au début sur deux ou trois coups. Et lui de son côté a bien commencé en me mettant tout de suite beaucoup de pression et en prenant les devants.

– Est-ce beaucoup plus rapide de jour?

– Oui, c’est plus rapide, ça vole et gicle plus.

– Étiez-vous nerveux avant le match? Avez-vous eu du mal à dormir?

– Non, j’ai dormi aussi bien qu’avant les autres matchs. Pas assez, mais bien. Et je n’étais pas plus nerveux qu’avant le match. Je ne me suis pas mis davantage de pression en me disant qu’il fallait absolument que je le batte. Je voulais surtout continuer mon tournoi. Ca se passait bien. Je me sens fort sur le terrain, mais aujourd’hui ça n’a pas passé.

– Avez-vous un complexe par rapport à Roger Federer?

– Je ne crois pas. Jouer contre Roger est toujours particulier. Comme je l’ai dit avant le match, lorsqu’il joue son meilleur tennis, je n’ai pas toutes les clés pour le contrer.

– Est-ce qu’à un moment dans la partie, vous avez pensé pouvoir revenir?

– Pas vraiment. Mis à part dans le deuxième set où j’ai un peu mieux joué et eu une occasion de le breaker, j’ai été dominé pendant tout le match.

– Est-ce difficile à vivre psychologiquement?

– Ca ne fait pas plaisir, mais il faut se ressaisir et continuer à se battre. Aujourd’hui, il a vraiment été plus fort dans tous les domaines. J’ai eu beau essayer deux ou trois choses, cela n’a pas marché.

– C’était votre huitième confrontation contre lui et vous n’avez gagné qu’une seule fois. Est-ce qu’il n’y a pas malgré tout un petit blocage?

– Non, c’est comme ça avec Roger. La plupart des joueurs sur le circuit sont menés dans leur confrontation avec lui. Il a tellement dominé le tennis toutes ces dernières années, c’est normal qu’il soit vraiment au-dessus.

– Est-ce que cela ne vous agace pas d’être toujours derrière?

– Non, c’était comme ça quand je suis arrivé sur le circuit. Je dirais plutôt que j’ai eu la chance de pouvoir côtoyer le meilleur de tous les temps.

Quelle leçon tirez-vous de cette défaite? Que vous avez perdu parce que c’était lui, ou que l’écart entre votre jeu et le sien est encore trop important?

– Tout d’abord, je suis très satisfait de mon début d’année. J’ai gagné mon premier titre sur dur à Chennai et j’ai accédé au quart de finale ici en battant Monfils et Roddick. Alors même si je me fais éclater aujourd’hui par «Rodge», il n’y a pas vraiment de leçon à tirer de ce match. Il était juste trop bon pour moi.