Les joueurs jubilent, les chopes de bière volent et les gradins frémissent sous le poids des milliers de fans qui exultent. Ce 10 novembre 2018, la nuit est tombée sur la Ruhr lorsque le «mur jaune» s’embrase. Vainqueur 3-2 du Bayern Munich, le Borussia Dortmund prend sept points d’avance sur son adversaire du soir au sommet de la Bundesliga. Mais dans les coulisses de la plus grande tribune d’Europe, l’ambiance a d’abord été électrique. Deux hooligans bien connus, persona non grata au Westfalenstadion depuis plusieurs années, se sont immiscés au cœur de la Südtribüne.

Queue-de-cheval noire, carrure imposante et bras recouvert de tatouages, le premier est Sven Kahlin, néonazi d’une trentaine d’années, lié au parti d’extrême droite Die Rechte. Parmi ses faits d’armes: le passage à tabac de deux jeunes Turcs au marché de Noël de Dortmund en 2011, ou l’homicide involontaire du punk Thomas Schultz en 2005, qui lui valut 7 ans de prison. A ses côtés, Timo Kersting, un combattant de MMA interdit de stade pendant cinq ans en 2012. Il avait brandi dans la Südtribüne une banderole «Solidarité avec le Nationaler Widerstand Dortmund», un parti néonazi interdit quelques jours auparavant par le ministère de Rhénanie-du-Nord-Westphalie.