Un test de détection du perfluocarbone (PFC) sans risque de punition à la clé a-t-il un sens? Oui. D'abord, dépister le produit, c'est reconnaître son usage. Ensuite, et surtout, tout ce qui étoffe l'arsenal antidopage est… positif. Même si on peut regretter qu'un tel contrôle soit annoncé quatre jours à l'avance. Reste que c'est un pas de plus. Après la chasse à l'EPO, la guerre aux corticoïdes mise en place au Puy-du-Fou, le dépistage du PFC traduit une nouvelle avancée. La menace, ça paie. De lui-même, Ludo Dierckxsens aurait-il avoué avoir pris un corticoïde s'il n'avait pas eu peur de se faire prendre?

Pour la première fois, grâce aux travaux du laboratoire de Chatenay-Malabry, l'Union cycliste internationale (UCI) a testé lundi chaque cycliste encore en course pour dépister la présence de PFC, cette molécule de synthèse qui assure une meilleure oxygénation du sang sans augmenter l'hématocrite. Un test pratiqué dans la discrétion et sans communication publique des résultats. Et sans sanction en cas d'abus. C'est la règle du jeu adoptée en accord par l'UCI, le Ministère français de la jeunesse et des sports et les coureurs.

On peut railler la règle, d'accord. Mais le test existe. C'est un progrès, et il faut le saluer. Sans béatitude et sans naïveté. Car aux dires des médecins du peloton, le PFC jugé dangereux est aujourd'hui peu utilisé par les coureurs qui privilégient d'autres carburants. Toujours selon ces médecins, le dopant vedette serait l'hémoglobine réticulée associée à l'hormone de croissance. Même si les coureurs se dopent moins par tricherie que par manque de confiance en eux, dixit un médecin d'une équipe française, c'est à présent dans cette direction que l'UCI doit braquer son projecteur. Lundi, le Ministère français de la jeunesse et des sports s'est dit prêt à le faire, à nouveau avec une méthode développée à Chatenay-Malabry.

I. J.